XXXV / Observations
achevée ; du moins autant que íes richesses journalières, qui 1 augmentent,pourront le permettre. Les accroisiemens dont elle est susceptible, feront parla suite la matière dun Supplément, qu’il sera toujours facile de refondre dansle premier texte: au moyen dune seconde édition que le Public recevraencore avec plus de plaisir que la première, quelqu’intéresiànte quelle soit pourla république des Lettres.
On ne peut rien ajouter au bel ordre & à la distribution de ce riche &précieux dépôt des connoistànces humaines, & à Instabilité des Savans qui ledirigent, auprès defquels les gens studieux ont l’accès le plus facile. Commeils puisent également dans leur commerce les lumières les plus sûres pour sediriger dans la carrière des Sciences pour lesquelles ils se sentent de l’a tirait;c’est une justice que nous aimons d’autant mieux leur rendre, que nousavons éprouvé de leur part les procédés les plus honnêtes, & qu ils n aurontpas peu contribué à nos succès, si nous sommes asièz heureux pour mériterle lustrage du Public.
CABINET DES ESTAMPES DU ROI.
Origine if accroissement de ce Cabinet .
Louis XI, vers 1470, vit naître les deux immortelles découvertes: laTypographie &ía Gravure en taìlle-douce, qui toutes deux dérivent de ì’anciennegravure en bois ; ainsi ce Prince doit être regardé comme ie premier de nosRois qui ait été témoin de ces deux inventions. II fut obligé de se formerune nouvelle Bibliothèque, car le Duc de Betfort, lorsqu il étoit Régent duroyaume pour les Angloís, avoit fait enlever des tours du Louvre, celle deCharles V, dit le Sage, laquelle, au rapport de Gilles Mallet, Bibliothécaire dece Prince, étoit compoíee de neuf cents dix volumes, la plupart traduits enfrançois, tels que les Politiques, les Éthiques, & les Économiques d ’ArìJlote, avecplusieurs livres de Cicéron ; ainsi que la Bible & autres Ouvrages liturgiques.
A la saveur de la nouvelle découverte de l’Imprimerie, Louis XI accrut íàBibliothèque; alors la Gravure, sœur jumelle de la Typographie, non-seulementorna íes opérations de flmprimerie en caractères, mais elle y mit le discoursen action: & depuis, ces deux heureuses inventions sc font tellement prêtéesun mutuel secours, que toutes les belles éditions que l’on nomme improprement,éditions de luxe, ont eu une succession non interrompue depuis l’origine de laGravure juíqu’à nous. Nous déplorons que la savante Antiquité ait été privéede ces admirables découvertes; que d’ouvrages utiles & agréables nous aurions!combien de procédés & de superbes descriptions , dont parle Pline , nousauroient été conservés ! En estèt, il est incroyable qu’ayant trouvé fart degraver fur des tables d’airain , des caractères, des hyéroglyphes & des com-positions en creux fur des pierres précieuses , que nous admirons commeautant de chef- d’oeuvres, & dont cependant ils tiroient des empreintes sel-la cire, qu’ils n’aient pu imaginer de faire encore un pas de plus, pour en faire
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