xlviij Observations
yeux du Roi & de son Conseil, ía situation déplorable d’un établissementqui, depuis l’époque de se fondation, avoit rendu aux Lettres & à l’Éducationles services les plus importans.
Les Professeurs, qui doivent être choisis parmi les Sa vans les plus distingués,fe trouvoient réduits à six cents livres de gages, payables fur le Trésor royal;forcés de se disperser dans les divers quartiers de Paris, pour fe loger, ilsne pouvoient que très-difficilement fe rendre aux heures de leurs Leçons, aveccette exactitude rigoureuse, si nécesseire à la discipline : ils n’avoient que troisEcoles pour dix-neuf Professeurs , & lorsqu elles fe trouvoient remplies, ilfallòit que le Professeur & les Etudians qui furvenoient, attendissent dansune cour, exposés à toutes les injures de l’air, qu une des salles vînt à vaquerpour la pouvoir remplir. Ces Ecoles Tailleurs auxquelles on n avoit pointtouché depuis le commencement du règne de Louis XIII, achevoient de sedégrader. Dans le nombre des dix-neuf Chaires, plusieurs se trouvoient doublesou triples pour un même genre d’enseignement, & n’attiroient par conséquentpresque plus d’Auditeurs; tandis que d’autres genres de connoisiances, d’uneutilité plus générale, manquoient absolument de Professeurs.
II fe présentoit un moyen de remédier à tous ces inconvéniens, sens qu’iíen coûtât presque rien à f Etat : le Roi, dans la distribution qu’il avoit faitedu produit du vingt-huitième de la Ferme des Postes & Meísegeries duRoyaume en 1766, après avoir assigné des augmentations de gages, à tous lesProfesseurs de l’Université, augmenté les pensions des Émérites & pourvuaux dépenses communes, avoit ordonné qu’il fût déposé dans les cosses del’Université une somme annuelle de trente mille livres, dont Sa Majesté setoitréservé d’affigner l’emploi pour le bien & les progrès de l’Éducation.
En 1772, fUniversité demanda qu’il fût fait emploi des sommes réservéespour la construction d’un Chef-iieu, qui se trouvoit déjà tout établi au Collègede Louis-le-Grand: M. le Duc de la Vrilli'ere représenta que le Collège Royalayant été fondé dans le sein de l'Université, & n’en ayant jamais été juridi-quement séparé, étoit aussi susceptible qu’aucun autre établissement de FUniversité,des grâces du Roi; que les arrérages déjà échus, ne pouvoient être plusutilement employés & contribuer plus efficacement au bien de l’Éducation,qu’en ses appliquant aux réparations urgentes & à í’augmentation des bâtimensdu Collège Royal, & la rente elle-même ou partie d’icelle, à augmenter lesgages des Professeurs royaux, qui, vu leur excessive modicité, n’avoient plusaucune proportion avec ses besoins de la vie: que lorsque ces Chaires seroientsuffisamment dotées, il "seroit facile de changer la destination de celles quiparoîtrojent superflues; parce qu’aiors on trouveroit sens peine des Gens deLettres, qui consacrer oient leurs veilles à les ■ remplir avec l’attachement, lezèle, qui seuls peuvent procurer des succès.
Le Roi, par ses Lettres patentes du 1 6 mars 177 3, assigna, sor les arrérages•déjà échus, la somme de cent vingt mille livres pour la reconstruction &augmentation des bâtimens du Collège Royal, en s’engageant de pourvoir de
ses