[ Observations
qui sont dûs au zèle de M. le Duc de la Vrillière, pour les progrès desconnoiíïànces, feront paíser le nom de ce Ministre bienfaisant à ì’Immortaiité.
JARDIN ROYAL DES PLANTES.
Sous le règne de Henri IV, on commença à s’occuper de la Botanique;ce Monarque donna à Jean Chopin un terrein & une pension, pour cultiveries plantes médicinales, & particulièrement celles des pays Étrangers, ainíique celles que ies Navigateurs François apportoient des diverses parties def Amérique. Peut-être ce commencement donna-t-il lieu à i’étabíiíïèment quife stt fous le règne suivant, pour cultiver cette branche intéressante dei’Histoire Naturelle; mais on ne peut regarder Henri IV comme le Fondateurd u Jardin Royal
Cet établissement 8c celui de f Académie Françoise, font à peu-près dumême temps *. Le Cardinal de Richelieu , dont le vaste génie embrasiòittout, fonda f Académie Françoise pour perfectionner la Langue 8c le goût,8c il établit les Écoles du Jardin du Roi pour avancer les Sciences, 8c cesdeux établiífemens ont eu le plus grand succès jufqu’à nos jours. Les Écolesd’Anatomie, de Botanique & de Chimie, ont toujours été remplies, au JardinRoyal, par les Hommes ies plus célèbres dans chacun de ces genres, & ellesfont, de faveu même des Étrangers, au-deífus de toutes Ies Écoles de ì’Europe.On y fait chaque année un cours d’Anatomie, un cours de Chirurgie & uncours d’Opérations, & ïe nombre des Étudians est régulièrement de huit centsou de mille. Un plus grand nombre encore íè trouve au cours de Botanique,dont les Professeurs 8c Démonstrateurs donnent des Leçons dans le Jardinmême, & ensuite en pleine campagne. II en est de même des cours deChimie, faffluence des Étudians y est tout austì grande, & c’est principalementde ce foyer que fe font répandues, depuis cent cinquante ans, Ies lumières& les connoiíïànces de ces Sciences physiques.
Le Jardin Royal contient tous Ies arbres 8c toutes les plantes de l’Univers connu,tant celles qui peuvent vivre en pleine terre, que celles qu'on est obligé deconserver dans des ferres chaudes, qui, íàns compter les Orangeries, font aunombre de sept 8c dune grande étendue. On y compte actuellement neuf àdix mille espèces de plantes, dont toutes les étrangères ont été dessinées successi-vement par les plus habiles Peintres en miniature, depuis le commencementde cet établissement; & cette précieuse collection de dessins, qui se continueencore aujourd’hui, est déposée à la Bibliothèque du Roi, dans un très-grandnombre de porte-feuiíles, 8c fait un des objets principaux de la curiositédes Étrangers qui cherchent à /instruire. M. le Comte de Buffon, ayant été
* Louis XIII donna pour cet établissement, ses Lettres patentes en février 1626; Gui de laBroffe, son Médecin, en fut Intendant, M. rs Va/ot, Fagon, Chirac, Dufay, eurent successivementcette Intendance jusqu’en 1739, que M. le Comte de Buffon, actuellement en exercice, en futpourvu par le feu Roi; M. rs de Tournefort, Vaillant, Antoine if Bernard de Juffìeu, ainsi queM. le Monnier, actuellement Démonstrateurs, íe font particulièrement distingués dans la Botanique.