4 VOYAGE
aussi vieux que le monde , formeraient le plusbeau contraste, avec la fraîcheur du site précédent.Plus haut, si toutefois la chose est aussi possible,je représenterais ce sol aride et nu, ce désert affreuxet terrible, où le pied foule le chaos primitif ; quenulle végétation ne pare, que nulle habitation rt’a-vive, et qui n’est, en effet, que le séjour du silenceet de la mort. Enfin , j’aborderais le sommet decette colonne du ciel ( t ) , de ce faîte de la Si-cile (a), pour le couvrir, des neiges dont il se couvrepar fois 5 et, quand j’en serais là , quand j’au-rais peint sa bouche conique et blanchâtre, exhalantson souffle éternel , je n’essaierais pas d’aller au-delà ; car , au-delà , l’oeil se perd dans l’espace ;et le ciel est moins haut que lui.
Matelots Siciliens.
Cependant , mes six robustes rameurs fendentl’onde en cadence, car le vent qui faiblit, nousforce de recourir à la rame. On ne dirait pas, àles voir, qu’ils luttent contre les flots superbes?leurs cliauis rudes , mais joyeux , expriment bienplutôt le plaisir que la peine.
L’habillement de ces espèces d’amphibies , estaussi simple que convenable , aussi peu coûteuxqu’élégant : une toile, ni plus ni moins fine quecelle de notre voile, est l’étoffe dont il est fait ;
(1) Pvndare. In Pith.
(2) Senec. In Herc. OEt.