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VOYAGE D AGRIGENTE
Ijk route ordinaire deGirgênli à Palerme , eût étésans doute la plus courte , mais cette route ne pré-sente aucun objet curieux; en passant directementde la cote méridionale, à la côte opposée de laSicile , j’aurais laissé derrière moi, une foulede choses plus ou moins dignes de remarque; jeme décidai doue à tourner entièrement la pointeoccidentale du vieux triangle ; sauf à revenir en-suite au point d’où j’étais parti, je veux dire,à Palerme même. Ce nouveau plan paraissaitassez sage; et l’aurait été sans doute, si, touten triplant la longueur de la course, il en eûttriplé l’intérêt? malheureusement pour moi, jeme trompai dans mes calculs, ou plutôt, je fusencore ici la dupe des livres et des Cartes, desbelles descriptions des voyageurs , et des bonnesroutes sorties du cerveau des géographes ! Enun mot, à l’exemple des enfans de Moïse , jem’enfonçai dans le désert; et la nouvelle Cbanaan,me fit faire bien des pas inutiles ! à chacun de cespas, il est vrai, je foulai l’ancien lit de quel-que fleuve célèbre, ou, voire même, les maisonsde quelque ville antique ; mais les hommes et letemps s’y sont pris de manière, que je passai les