un large caleçon, s’arrêtant au-dessus du genou ;une chemise sans col et sans manches ; un bonnetde laine brune ; point de souliers, point de bas 5voilà l’habillement du matelot sicilien. Soit pourhéler sa barque, soit pour l’amarrer au rivage, est-il forcé de se jeter à la mer ? une minute lui suffit,pour être dans l’état de pure nature, et repasserensuite la chemise et le caleçon ; ou, quand la merest peu profonde , il retrousse seulement celui-ci,et dans ce nouvel équipage, il ne ressemble pasmal à ces faiseuses de tour de force, qui vous mon-trent souvent des choses qu’on se passerait bien devoir. Au reste, cette classe d’hommes [ je veuxparler des matelots , et non pas des patronsmêmes ] , cette classe, dis-je, est la seule, dans la-quelle j’ai constamment trouvé le désintéresse-ment, la bienveillance et la franchise. Il se peutque ces qualités soient le partage des autres classes ;je ne parle que de ce que j’ai vu : si j’étendais tropla remarque , l’éloge ne serait plus aussi vrai. Cen’est pas que j’oublie toutes les qualités de cegenre, que j’ai trouvées dans plusieurs personnesdes classes supérieures du pays : l’exception, dit-on , prouve la règle; et le digne chevalier Gioëni,par exemple, ne me soupçonnera pas, je l’espère,d’avoir sitôt perdu de vue ses qualités person-nelles , les services qu’il m’a rendus, et lesvertus qui le distinguent ?
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