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VOYAGE
Le Symèthe.
La houle s’aplanit de plus en plus , et lecalme plat nous menace. De son côté, la vue decette côte de la Sicile , est d’une monotonie com-plète ; l’œil ne s’arrête ici, que sur une plage aré-neuse , plane , stérile et nue. Voici l’emboucliuredu Sjmètbe ; mais la célébrité du fleuve, con-traste trop avec la couleur du cadre. Brydone etBorcli semblent avoir partagé l’ennui qui me gagnemoi-même; et, ordinaiiornent si légère, la plumede ce dernier devient ici aussi pesante, que larame de nos matelots. L’un et l'autre, sur la foide Fazzêllô et de Cluvérius , confondent le Sy-mèthe avec la rivière Saint-Paul, qui, de leurtemps plus que du nôtre , ne se jeta jamais direc-tement dans la mer. Cette rivière a effectivementson embouchure dans le Symèthe môme, fleuveauquel les Sarrasins modernes donnent le nom deGiarrétta , du bac qui y est établi, et qui portece même nom, dans la langue des gens du pays (i).Quant à l'ambre si vanté de ses bords , il faut quela nature de celte substance soit fort dégénérée de-puis eux ; car l’ambre qu’on tire aujourd’hui duSymèthe, est fort loin de payer les frais dé l’entre-prise.
Ce fleuve, connu aussi sous le nom de' Fiume