DE SYRACUSE A AGRIGENTE . » 2 3route, de sa traversée vers la ville. 11 fallut donc,bon gré mal gré, se résoudre à attendre, en pleincbamp, son retour ; et, grâce à ce petit contre-temps , comme aussi à celte pluie et ce vent qui necessent denous poursuivre, quand le bac est enfin deretour , quand il nous a portés de l’autre côté durivage , les mules , le muletier , le bagage et moi-même , nous ne sommes ni plus ni moins mouillés,ni plus ni moins conlens , que si cliacun de nouseût passé le fleuve à la nage !
J’ai souvent remarqué , dans ce meilleur desmondes possibles , que , à une situation fâcheuse,s’en joint toujours une autre qui , au lieu de lasoulager , l’aggrave ? j’en fis encore ici l’épreuve.Après une marche de huit à dix heures , sousl’action d’un soleil brûlant , au travers d’uu paysaride , c’était assez sans doute que d’être trempéjusqu’aux os, et d’avoir, en outre, l’assurance dene trouver , en atteignant le but , que des hardesaussi mouillées, que celles qui devaient se séchersur mon corps? une autre infortune m’attendait :le lieu où je pouvais espérer un asile , n’était pointdans les murs de l’ancienne Agrigente , c’est-à-dire,à deux pas du fleuve en question : la ville moderneétait le véritable terme de la course-, mais , par unesingularité remarquable , il arriva que , contre lacoutume ordinaire , les anciens habitans avaientplacé leur ville au pied de la colline , et que lesnouveaux venus, au contraire , avaient huche laleur, fort au-dessus de celle-ci ; de sorte que ,