Lf. ciel, comme pour se jouer démon impatience,s’éclaircit tout à coup ; et, après m’avoir cacliéce que l’homme a fait de plus beau, semble prendreplaisir à me montrer son plus maussade ouvrage :j’entre , à l’instant, dans la moderne Agrigeute.
Une rue, moitié moins longue et moins large, maisplus triste, plus sombre et plus sale, que la rueSaint-Jacques , à Paris ; telle est la F^ïa Réggia , laprincipale rue, pour ne pas dire la rue unique,qui traverse la ville de Girgênti .
Cette ville se présente à mes yeux , telle qu’ellese présenta à ceux de Brydone, environ un demi-siècle plus tôt. Je conviens, avec lui (x) , qu’aprèsavoir porté ses regards sur les ruines de l’ancienneville et sur sa forêt de temples ; après avoir vumême , à une certaine distance , la ville modernequi, s’élevant graduellement sur la pente de lamontagne , offre aussi un coup d’œil très-pittores-que-, je conviens, dis-je, qu’en entrant dans celle-ci,on reconnaît que l’intérieur est fort loin de répon-dre à l’idée qu’on s’en est formée. Je ferai donc pourle lecteur, ce que j’ai fait, ici, pour moi-mème.Je lui épargnerai une foule de détails insipides;
(i) Brydone. Loc. cA.jLett. 17
ri. ,5