DE L’ANCIENNE AGRIGENTE . a65tères; notre pieux barbare ne trouva rien de mieuxque d’ouvrir six espèces de portes dans les partieslatérales dé l’ancienne nef; et, de plus, de creuserà coup de pic, à la gauche du pronaon, c’est-à-dire,de l’entrée orientale du temple, une espèce de ni-che informe, pour y établir un second autel ; idéevraiment étrange , et d’autant plus remarquable ,que ce nouvel autel obstrua entièrement un des deuxescaliers latéraux qui menaient au-dessus du tem-ple, et dont je parlerai plus bas.
De celle première dégradation, je veux dire,des six portes ouvertes de chaque côté de la nef,est nécessairement résulté l’elTèt le plus contraireà l’effet primitif, et à l’usage du monument même.Cette dégradation gratuite, et bien digne en effetdes peuples les plus barbares , avait échappé jus-qu’ici aux antiquaires et aux voyageurs ; ou plutôt,les uns et les autres l’ont tout bonnement rejetée,sur le compte de l’ancien architecte (i). Borcli etBrydone n’entrent dans aucun détail ; et ne parlentpas même de l’existence des portes en question.
Des deux côtés de l’entrée orientale de la nef,étaient jadis deux petits escaliers , qui conduisaientau haut du temple ; celui de la gauche fut entière-ment fermé, à l’époque de la construction, de l’autel,dont j’ai déjà parlé ; celui de la droite existe, jus-qu’à nouvel ordre ; les marches en sont forméespar des pierres énormes, attenantes au mur même
(i) Vop- Pancrâzio, Biscari, Nîbby, et les autres.