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entre la petite ville de Montapêrto et le mont Sùra ;il est, dis-je, un site assez curieux, et plus cu-rieux même, que la plupart de ceux qu’il me falluttant de fois admirer sur parole ; et cela, par laseule raison, sans doute, que ceux qui me les avaientvantes, avaient fait comme moi, sept à huit centslieues pour les voir? lieu, dont aucun voyageurne parle, dont je n’avais point entendu parier moi-même, et dont, enfin, j’ai parlé depuis, à vingtliabitans de cette île , sans qu’aucun d’eux m’aitparu en avoir ouï parler lui-même ! par bonheur ,un dessein par moi pris sur les lieux, me prouveque la chose existe ; et cela me suffit pour la faireconnaître aux autres.
A peine a-t-on quitté l’interminable plaine , quientoure de ce côté , les hauteurs d’Agrigente , qu’onse trouve face à face, avec une haute montagne,dont l’énorme convexité ne présente aux re-gards qu’un passage angustié et rapide , creusé,soit accidentellement, soit par l’art, dans le flancmême de la montagne ; espèce de voie naturelle ,si fréquente dans ce pays , que celle-ci m’auraitéchappé, comme tant d’autres, sans l’avis que monguide m’en donna. A demi endormi sur ma mule,qui semblait elle-même aussi peu éveillée que
crois avoir parlé plus haut, ne me permet pas d’indi-quer d’une manière plus précise, la situation véritabledu lieu en question.