r;6 Nouvelle Exposition
beaucoup de la terre dans la péninsule d ’Okefraloù il se deííeche en forme de poix ; mais quandelle coule dans des citernes ou des puits, elley conserve sa fluidité.
(a) Observation. Les huiles de pétrole sont, ainsi quele naphte , la base de tous les bitumes : ils ne diffèrent entr’euxque par le plus ou le moins de terre qui s’y trouve mélangée, &c.Voici la maniéré de retirer & d’accélérer ^écoulement de cettehuile minérale dans le duché de Modene , principalement au-près du fort Mont-Baranfon dans un terrera nommé H Fìumetto :on fait horizontalement trois trous, en maniéré de tranchée, &à distance 'égale , fur ^élévation de la roche appellée Mont-Festind’où découle ordinairement la pétrole: cette manœuvre en donnede trois efpeces, au moyen de trois canaux qui vont se rendredans autant de chaudières différentes : i 0 celle qui découlepar la tranchée du haut de la colline dans la premiere rigole est d’unjaune clair, legere , transparente & très-volatile ; c’eit uneeípecede naphte clair : z 9 celle qui fort par la tranchée du milieude la roche » est rouge, jaunâtre, plus pelante que la précédente,& moins volatile ; c’est-là la féconde forte de pétrole : z» enfincelle que Bon obtient par le trou du rez-de-chaussée est d’unrouge noirâtre > c’est la plus pesante, la plus épaisse , & la moinsvolatile de toutes les pétréoles : on peut croire que ces diversespétréoles ne íè trouvent ainsi placées & colorées différemmentles unes des autres , qu’à raison du mélange qui a altéré leurplus ou moins grande volatilisé & fluidité, & que c’est par lachaleur souterreine qu’elles ont été exaltées au travers des sinus dela colline, & fixées à différentes hauteurs ; cette conjecture paroîtd’autant moins hazardée, que si Bon souille â quelques pieds deprofondeur du rez-de-chauíïée ci-deilus, on trouvera une pé-trole très-épaiíse, ensuite mollasse, enfin tout-à-sait solide : ainsiTon pourroit conclure que la soûle différence entre les pétroles,le maîtha, Baíphalte & autres substances semblables , dont nousparlerons dans les eípeces suivantes , ne soroìt due qu’aux diversdegrés de consistance, c’est-à-dire, à l’évaporation que factiond’un feu souterrein leur a fait éprouver , &c à l’union plus oumoins intime qu’elles ont contractée avec l’acide vitriolique ,puis au mélange des matières étrangères interposées.
M. l’abbé des Sauvages dit qu’on trouve encore en France,dans la troisième chaîne du terrein des environs d’A lais, une fon-taine noirâtre appelíée félon le nom vulgaire la fontaine de laPégo dont Beau est toute couverte de pétrole & en a un goûtfort désagréable: on lit aussi dans les Mémoires de l'académieroyale des sciences de Paris, Bextrait d’une lettre adressée áM. de Reaumur, & qui dit qu’en France , dans le prieuré dede Trémolac, de Bordre de Clugny, á cinq lieues de Bergerac,est un ruisseau couvert d’huile pétrole , inflammable & brû-lant : la propriété de ce ruisseau fut découverte, il y a quelquesannées, car un voleur d’éçreviiles, qui, pour mieux appercevoir
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