DV Régné minéral» 3,57
E s PE CE CCCXV.
III. Poix minérale ou Maltha.
[ Pix miner alis. Maltha. Bitumen segne , crafsum ,nigrum, Wall. Oleum montanum atrum ,
les trous où elles se cachent , se servoit de torches de pailles
allumées : tant que cet homme marcha fur le gravier du lit presque
horiíbntal de ce ruiíleau , le feu ne prit point à la superficie ; mais ,étant arrivé à des endroits plus inégaux & parsemés de creux ,il fut bien étonné de voir que le ruisseau donna une flamme d’unecouleur bleuâtre, au point qu’il en eut fa chemise brûlée : il faut ab- ^solument qu’il regorge de l’huile de pétrole du fond ou des côtésde ce ruisseau. Piutarque ìn vitâ Alexandrie p. jg i, parle d’unpuits dont l’eau étoit couverte d seine huile claire comme l’innled’olive : Ctéfias, qui, au rapport de Xenophon, étoit premiermédecin d’Ataxerxès'roi de Perse , dit dans son Histoire des Indes ,dont on trouve l’extrait dans la Bibliothèque de Photius , que dansle pays des Pygmées, il y avoit un lac de huit cent stades decirconférence , siir lequel , lorsqu’il nsetoit pas agité par levent , shrnageoit une huile qu’on ramasïoit avec soin. Voye^Barkvysen , Acroamat. p, jy/. Ceci esl en partie confirmépar Kempfer. Cet auteur dit que l’huile de pétrole sert à éclaireren Perse & en plusieurs autres lieux où le naphte clair Scpur est rare : on íçait qu’à Bachou, Bachu , ville située dans laPerse fur lc bord de la mer Caspienne » â trois milles d’Astrakan,
& où il n’y a point de bois, l’huile minérale y est l’objet d’uncommerce très-étendu : on prétend que l’on y puise, dans plusde vingt puits dont la profondeur est considérable, & dans plu-sieurs autres mines , une telle abondance de naphte , que le sou-verain en tire tous les ans pour vingt mille roubles de taxes ;ce qui fait cent mille livres , argent de France : les marchandsde cette contrée envoient dans les pays étrangers le naphte laplus pur & Je plus liquide, Sc gardent pour la consommationde leur pays le plus commun, que l’on brûle dans les églises& les maisons , dans des lampes garnies de mèches grossescomme le pouce : on s’en sert aussi en place de bois. M. Lehmann.dit que pour cet ester on jette deux ou trois poignées de terredans l’atre de la cheminée : on verse ensuite du naphte par"dessus, puis on l’allume avec du papier ; & fur le champ il donneune flamme assez vive, pour faire bouillir l’eau beaucoup pluspromptement que ne fait le feu du bois. Cet auteur dit que plus onremue la terre qui a été imbibée, de ce naphte, & plus elle brûléavec vivacité : il refulte de cette ustion une odeur très-dilgra-cieuse accompagnée d’une fumée qui noircit entièrement leshabitations 5 cependant les alimens n’en contractent absolumentaucun mauvais goût. Le prix Sc le débit de cette drogue ontexcité plusieurs personnes à en faire ^artificielle. Suivant Nevt-Partie //„ R