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Tome premier.
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les états : elle déplut beaucoup aux théologiens et auxmoines , qui n'y sont pas ménagés ; cependant elle eut l’ap-probation de Léon X , de plusieurs cardinaux et de beau-coup d'évêques ; mais la Sorbonne n’a pas été aussi in-dulgente ; elle a censuré cet ouvrage , et ensuite il a étémis à Y index h Rome. On raconte que lorsque Léon X lutcet Eloge de la Folie , il dit : l’auteur a aussi la sienne. Cepape eut le bon esprit de rire de cette satyre , où les sou-verains pontifes ne sont pas épargnés ; et le cardinal Xi-ménès , quoique plus sévère que Léon X , ne put s’em-pêcher de répondre à un des censeurs d’Erasme : ou faitesmieux , ou laisse/ faire ceux à qui Dieu en a donné le talent.La meilleure édition latine de VEloge de la Folie , estcelle de Basle , 1676, r'n-8, avec les noies de GérardListrius et les figures d’Holbein ; et la meilleure françaiseest celle d’Amsterdam , 1-2S, in- 8, fig. On estime aussila jolie édition de 175r , in- 8 . J’ai lu dans la Vie d'Erasme ,par M. Coupé , que le Saint Hilaire de ce savant homme,dédié à Carondelet, archevêque de Palerme , a été cen-suré dans le temps par la Sorbonne , et depuis critiqué parles bénédictins : il y reproche aux théologiens leur vainecuriosité sur des questions inutiles et dangereuses. L’espritde tolérance qui règne dans cet ouvrage a été, dit-on,cause de la censure. On peut dire en général que tous lesécrits d’Erasme n’ont pas été vus d’un œil bien favorablepar les théologiens , quoiqu’il soit un ^es premiers qui aienttraité les matières théologiques d’une manière noble etdégagée des vaines subtilités et des expressions barbaresde l’école. Son mérite, l’indécision qu’il montra quelquefoissur certains sujets dogmatiques , la liberté avec laquelle ilreprenait les vices de son temps , l’ignorance , la supersti-tion , le mépris de la belle littérature , l’oisiveté de cer-tains moines , la mollesse des riches ecclésiastiques, lui firent