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Tome premier.
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Fcnélon donnait h transcrire cet ouvrage, en prit une copiepour lui-métne. Il n’en fit imprimer d’abord furtivementqu'une petite partie ; et il n'y en avait encore que 208 pages,sorties de dessous presse , lorsque l’ombrageux Louis XIV fit arrêter l'impression de cet admirable ouvrage , etordonnades visites très - exactes chez les imprimeurs : on aurait,anéanti ce chef-d'œuvre , s’il n’en avait existé qu’une copie*Les imprimeurs furent sévèrement punis ; les éditions clan-destines furent confisquées et jetées au feu ; toutes cellesantérieures à 1720 sont incomplètes. Il n’a pas été permisd’y travailler en France, tant que Louis XIV a vécu. Il yvoyait sans doute la satyre de son gouvernement ; le langagede la raison , de la vérité et de la vertu ne lui plaisaitpas autant que les basses adulations de l’Horace français .Dans les applications que la malignité a faite sur cet ouvrage,on a cru reconnaître madame de Montespan dans Calypso ;mademoiselle de Fontanges dans Eucharis ; la duchesse doBourgogne dans Antiope; Louvois dans Prothésilas ; le roiJacques dans Idomenée et Louis XIV dans Sésostris . Laréputation de cet ouvrage inimitable est telle, que tout caqu’on en pourrait dire devient superflu ; cependant, il fau*citer ce vers de M. Fontanes , qni peint si bien son auteur :

Son goût fut attssi pur que son ame était belle.

Un autre ouvrage de Féné! on, qui fit encore plus de peine àLouis XIV que le Télémaque , fut celui qui a pour litre : Direc-tions pour la conscience d'un Roi. Ce livre est le fruit d’unocorrespondance secrète entre Fénelon et le duc de Bourgogne,Son élève , lorsque ce prélat fut exilé dans sou diocèse à lasuite de ses démêlés avec Bossuet , au sujet du quiétisme.Lorsque Louis XIV en trouva le manuscrit dans les papiersdu Dauphin , après sa mort, il le jeta au feu avec indignation ;sans doute parce qu’il trouva dans la peinture énergique des