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Appréciateur du mérite et de la probité. L’homme vrai-ment vertueux sent combien cle pareilles opinions sontdénuées de fondement et avilissante pour l’espèce humaine.Les exemplaires du livre de f Esprit , de ]'/58 , en grandpapier et sans cartons , sont très-rares. 11 existe un autreOuvrage d'Helvétius , qui n’a été publié qu'après sa mort,et qui n’est pas moins fortement écrit que le précédent,c’est son Traité de l'Homme , de ses facultés et de son édu-cation , J772 , 2 vol. in-8. L'homme y est représenté tel quela nature et la société l’ont fait dans tous les temps et danstous les lieux. L'auteur soutient d’un bout du livre à l’autrecet étrange paradoxe, « que les hommes naissent avec lesmêmes talons , et qu’ils doivent tout leur esprit à l’édu-cation. n On trouve quelque chose d’assex fort dans la pré-face de cet ouvrage , et je pense qu’Helvétius n’aurait pasosé publier de pareilles tirades cle son vivant ; les persé-cutions qu'il avail essuyées relativement au Traité del'Esprit , l’avaient rendu circonspect. Voici comme il s'ex-prime dans la préface en question, a Ma patrie n reçuenfin le joug du despotisme ; elle ne produira donc plusd'écrivains célèbres. Le propre du despotisme est d’étoufferla pensée dans les esprits et la vertu dans les âmes. Ce n'estdonc plus sous le nom de Français que le peuple pourrade nouveau se rendre célèbre ; cette nation avilie est aujour-d’hui le mépris cle l’Europe . Nulle crise salutaire ne luirendra la liberté ; c’est pâr la consomption qu’elle périra ;la conquête est le seul remède à ses malheurs. » Lorsque Hel-vétius a tracé ces lignes , il était loin de prévoir que la nationfrançaise , après avoir éprouvé une révolution qui l’a boule-versée de fond en comble, en sortirait triomphante, plusmajestueuse et plus puissante qu’elle n’a jamais été. Glande-Adrien Helvétius, philosophe aussi aimable que bienfaisant,est né à Paris en 1715 ; il est mort le 26 décembre 1771.
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