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Tome premier.
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2 7.5

couvens. Les temples , en Espagne , sont remplis de cesépouvantables tableaux ; ce fut toujours , ce sont encoreles sujets favoris de l'école espagnole. Quand on s’attendà voir sur le maitre-autel, ou dans quelque chapelle laté-rale , mi dans la sacristie, Sainte Thé’èse , In llagdcteine ,les Noces de Cana , ou que’qu’autre chef-d œuvre de Ra-phaël , de Luc Jourdain , etc. on voit un bûcher, des bour-reaux , une jeune fille, un vieillard, une famille touteentière marcher au bûcher et expirer dans les flammes.

v Le nom de ces malheureux est tracé au bas de chaquatableau. On y lit des noms connus , des noms célebtes, desnoms qui honorèrent l’Espagne durant ses beaux |ours et

durant ses rêves d’ambition et d’orgueil.Dans je ne

sais quelle église de Burgos , j'ai craché trois fois sur unde ces tableaux. Le chanoine, ou plutôt le moine Marsol-lier, auteur de la Vie du Cardinal Xi me nés , de celle doHenri Vfll et d’un Panégyrique de Louis XII , s'estamusé à faire l ‘Histoire de l Inquisition ; mais sa plume ,amie du saint office, a dénaturé tous les faits : ce prêtre ,pensionné par la cour de Madrid , et payé pour mentir,a menti. Jamais l’inquisition ne s’iinrnola de victime plusintéressante que Cornelia Boihorquia, fille unique du mar-quis de Borhorquia , capitaine général de l’Andalousie ,puis vice-roi du Pérou . Jamais assassinat plus révoltantn’a souillé les pages de l’Histoire. Rien n’egalait la beautéde Borhorquia ; l’archevêque de Séville la vit. en devint

éperdument amoureux , la fit enlever et voulut.

Borhorquia, furieuse, veut le poignarder; et, de rage, comonstre la livre au tribunal du saint office : elle est con-damnée et brûlée comme athée . Bothorquia invoqua D;eujusqu'au dernier soupir. Elle criait, du milieu des flammes,en fixant le ciel : Dieu est là ; il me voit ; il m'appelle ;il me tend les bras . C’est le bourreau qui l’a entendue] c'est