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Tome premier.
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Z2.J

11 y a vingt ans, tin écrit très - volumineux , sous le titrod' Eloge de VInquisition , l’adoucissement des mœurs et lesprincipes de philantropie connus de la dynastie régnante,promettent à l’Espagne l’abolition totale des autn-da-je ,le licenciement de la Sainte-Hcrmandad et la démolitionabsolue dos cachots du saint office.

n Ce bienheureux jour se fa : t attendre : l'inquisition vason train ; elle procède , elle condamne , si ce n’est pasau feu, c’est au l’ouet, c’est à la réclusion. Les villes deTolède , de Valence , de Valladolid , en offrent des exemplesrécens. Rien au monde de p!us inique et de plus odieusementmystérieux , que le mode des jugemens rendus par le saintoffice. La page la plus sanglante du code noir et ces sen-tences prononcées à huis clos , sans témoins et sans exa-men contre les malheureux ilotes , ne présentent pas dansleur ensemble autant de férocité.

» Le malheureux condamné par le saint office, ou n la• réclusion , ou au feu , ignore toujours pourquoi on l’enferme ,ou pourquoi on le brûle ; jamais la sentence n’est motivée.Semblables aux muets du grand-seigneur , les inquisiteursvous condamnent et vous tuent sans vous parler. » Finissonsces citations par ce que M. de Langle dit des auto-da-j'é ,« Ce spectacle , qui , sous Philippe II , Philippe III , étaitpresque journalier , est devenu très-rare depuis un siècle.Quelquefois néanmoins, pour égayer le peuple , pour appe-ler sur le souverain les bénédictions du ciel , pour obtenirdu Très-Haut de la pluie ou du beau temps, on brûlaquelques sorciers.

Il y a deux ans qu’on brûla à Séville une femme jeune etbelle , convaincue d’aimer le diable , de coucher avec lui,et de savoir l’avenir par cœur. Il y a six mois qu’un tailleurde Cordoue , aussi soicier, mais plus heureux , en fut quittepour la détention et pour les étrivières.