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la plus rigoureuse : une espèce de commission ou dechambre syndicale , nommée ad hoc , l’examine et le com-mente syllabe par syllabe. S’il est rempli d'absurdités etde lieux communs , s’il fait l’apologie ’ies prêtres , desmoines et de toutes ces billevesées qui déshonorent lesacerdoce, il est hautement proclamé bon ouvrage, ex-cellent ouvrage ; on le laisse librement circuler , les jour-nalistes en parlent avec complaisance , et l’auteur reçoitd’eux le brevet de grand homme. Si , au contraire , cetouvrage est , ou savant , ou bien écrit, ou profondémentpense; si l’auteur n’est pas prosterné devant tous les abus ,toutes les vexations ; si sou livre étincelle de vérités lumi-neuses , de vues utiles, de révélaiions hardies, il est dé-fendu , condamné, et souvent brûle comme attentatoire à.la religion , aux mœurs et au gouvernement.
Aussi, quand la Suède, la Kussie, l’Allemagne et laFrance , tomes ces nations, tour-à-tour ennemies, maistoujours rivales , brûlent toutes , concourent toutes avecorgueil à olliir à l'Europe quelques découvertes utiles etnouvelles , quelques ouvrages marquans et qui fassentépoque, l'Espagne seule n’invente lien, ne produit rien, »
Ce passage, où l’on reconnaît le style original et lesidées , souvent condamnables , de M. de Langle , sentun peu l’humeur, et n'est pas, ou du moins n’est plusdans l’exacte vérité. Les bons ouvrages français sont main-tenant reçus et applaudis, non - seulement en Espagne ,mais même chez toutes les puissances de l'Europe , et onne donne l’exclusion qu’aux livres destructeurs des prin-cipes de la saine politique , de la religion et de la morale.Cependant la censure de Vienne parait quelquefois mettreune excessive sévérité dans ses décisions. On peut en dire demême de la censure d'Espagne , puisqu'on prétend qu’elle«’est éteudue dernièrement jusques sur les rapports de M.