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Tome premier.
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mettant le mal dans le monde , avait ses vues , et ses vues sonttoujours admirables. Un peuple vertueux aurait été inutile ;il n’eût formé qu’un peuple lâche, une race propre àfigorerles bras croisés sur les arbres, comme Siméon Stilite , hnourrir un cochon comme Antoine, ou à se donner descoups do pierres dans l'estomac comme un ancien docteurde l'eglisc, à cause que la nature l’excitait à conserver souespece, a

x Les vices , dans leur origine , étaient aussi brutes queles hommes. Ils marchaient , pour ainsi dire, à quatre pattesavec le roi des animaux. Les arts et les sciences les ontéclairés de leurs flambeaux ; les charmes de la poésie leuront donné ce ton de la bonne compagnie qui commence àles rendie respectables parmi nous. Nos pères se soldaientdu gros vin de leur crû , nous autres noûs ne buvons plus Jet si nous nous avisions d'enterrer notre raison dans levin , nous la perdrions dans le meilleur vin de Champagne eu des meilleures eûtes de Bourgogne ; car , dans ce siècle,rn homme obligé de manger des pierres, choisirait assu-rément les plus blanches. »

« La vertu qu’on oppose aux vices, est une chimère quiamuse les hommes depuis la création. Les profondestêtes de l'aréopage ont cherché long - temps ce quelleétait. Désespérés de la connaître , ils ont placé ce motsur l’autel : Ignoto Deo. Le mot de vertu a passé parmille générations , sans rendre nos devanciers ni plusvertueux ni plus savans. Brutus , illustre dans l’ancienneRoute , pour avoir prononcé ou fait prononcer ce motplus souvent dans le sénat, avoua qu’elle n’était rien,et se repentit de n’avoir embrassé que la nue d’Ixion .Salomon , le plus sage des rois, selon les vieux livres, etle moins sage selon les modernes , prononça qu’elle n’étaitque vanité. 11 voulut la suivre ; il la demanda au ciel ; il