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elle ? la terre la reçoit bénignement dans son sein ; etlorsque la chaleur du soleil en a exhalé les principes, ilsnagent dans l’air et sont le jouet des vents.
» Quelle différence y a-t-il entre un homme et une feuilleréduits en poudre ? les cendres animales ne ressemblent-,elles pas aux végétales ?
» Pour être vraiment sage, il ne suffit pas de savoifvivre heureux dans la médiocrité , il faut savoir tout quitterde sang-froid, quand l’heure en est venue. Plus on quitte yplus l’héroïsme est grand. Le dernier moment est la prin-cipale pierre de touche de la sagesse ; c’est, pour ainsi
dire , dans le creuset de la mort qu’il la faut éprouver.
» Gémissez, pauvres mortels ! qui vous en empêche?mais que ce soit de la brièveté de vos égaremens : leurdéliré est d’un prix fort au dessus d’une raison froide quidéconcerte , glace l’imagination et effarouche les plaisirs.
» Jouissons du présent j nous ne sommes que ce qu’ifest. Morts d’autant d’années que nous en avons, l’avenir,qui n'est point encore , n’est pas plus en notre pouvoir,que le passé qui n’est plus. Si nous ne profitons pas desplaisirs qui se présentent, si nous fuyons ceux qui semblentaujourd'hui nous chercher, un jour viendra que nous leschercherons en vain ; ils nous fuiront bien plus à leur tour. »Tels sont les principes et le style de la Mettrie : engénéral tous ses écrits sont marqués au coin du matéria-lisme. Dans son Discours sur le Bonheur , il a révolté jus-qu’à Diderot , qui dit, en parlant de l’auteur de cette dia-tribe philosophique , qu’il est un écrivain sans jugement,k Qui confond partout les peines du sage , avec les tour-mens du méchant, les inconvéniens légers de la scienceavec les suites funestes de l'ignorance ; ce qui donne àreconnaître la frivolité de l'esprit dans ce qu’il dit, et la cor-luption du cœur dans ce qu’il n’osc pas dire $ qui prononce