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tristes souvenirs. Craignant d’être décrié prèsdes personnes qui m’avaient honoré de leurconfiance, j’avais tâché de ne plus songerqu’aux observations de toute espèce dont lessujets m’environnaient ; je m’étais, en quelquesorte, identifié avec les productions des lieuxinfréquentés ; je ne me trouvais bien que loindes hommes. 'Foutes les fois que je le pouvais,je m’échappais seul avec un noir dans les mon-tagnes, souvent sans autre dessein que celuide m’isoler et d’éviter la société importune despersonnes qui n’avaient pas de chagrin.
Je passai toute la journée du dix à mettre enordre les collections de tout genre que j’avaisfaites depuis mon départ de Saint-Benoît. Je leslaissai à M. Déjean, qui voulait bien se chargerde les adresse r chez M. Descombes, à l’Ile-de- France , par le premier navire qui viendraitprendre un chargement à la rivière d’Abord.
Je quittai le quartier de Saint-Pierre , le 1 1frimaire , à sept heures du mutin. J’avais ex-pédié les noirs dans la nuit , et sous la con-duite de Cocbinaid. La journée devait êtrepénible, car nous voulions aller coucher àSaint-Paul, distant de près de dix lieues.
Montés sur des chevaux que M. Déjean avaitbien voulu nous prêter, nous ne gardâmes à notre