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Et. dire que la nature a fait, de la même chair et dumême sang, ces enfants héroïques, et l’épicurien qu’unefeuille de rose oubliée dans sa couche empêchait dedormir !
News frorn home ! — Des nouvelles du pays ! — Quandce cri se fait entendre dans les camps alliés, chacunquitte l.a besogne commencée, le repas si impatiemmentattendu, ou le lit sous la tente. On accourt, on se presse,on se groupe autour de l’heureux frère d’armes qui,l’œil humide et la main tremblante, élève au-dessus desa tête, pour que tous puissent la voir, cette précieusefeuille de papier qui dit tant de choses, quand bienmême elle ne contient qu’un mot. Des nouvelles dupays ! C’est la distance qui disparaît, c’est le temps quirevient sur ses pas, ce sont les souffrances, les fati-gues, les privations, les dangers oubliés ! C’est le sou-venir, c’est l’espérance ! c’est l’amitié qu’on retrouve,c’est la famille qui vous tend les bras, c’est la patrieque l’on revoit 1
On se place, on fait silence, et, tout en écoutant lecompagnon qui lit d’une voix émue la lettre bien aimée,chacun, s’isolant en lui-même et s’abandonnant à sesimpressions, laisse aller son cœur et sa pensée vers cequ’il regrette, vers ce qu’il aime.
M. Fenlon nous a représenté une de ces scènes tou-chantes, et quand' on regarde cette épreuve si belle etsi vraie, on se sent gagné malgré soi par l’émotion quiagite ces cœurs et se peint si éloquemment sur ces vi-
sages.