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La pucelle d'Orléans : poème en 21 chants / par Voltaire
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Avaient bravé sa magique puissance.

Quiconque entrait dans ce maudit logisMéconnaissait sur-le-champ se9 amis,

Perdait le sens , lesprit et la mémoire.

L'eau du thé que les morts allaient boire ,

Les mauvais vins, funestes aux vivants ,

Ont des effets biou moins extravagants.

Sous les grands arcs dun immense portique jAmas confus de moderne et dantique ,

Sc promenait un fantôme brillant,

Au piedlèger, à lœilétinoelnnt,

An geste vif, A la marche égarée ,

La tête haute , et de clinquants parée-On voit son corps toujours eu action^

Et son nom est Y Imagination :

frou cetto belle et charmante déesse

Qui présida, dans Rome et dans la Grèce ,

Aux beaux travaux de tant de grands auteurs jQui répandit l'éclat de ses couleurs ,

Ses diamants , ses immortelles ileurs ,

Sur plus dhm chant du grand peintre dAchille tSur la Dhlon que célébra Virgile ,

Et qui dOvide anima les accents;

Mais celle-1 à quabjure le bon sens ,

Oettc étourdie, effarée , insipide,

Que tant d'auteurs approchent de si près jQui les inspire, et qui servit de guideAux Seudéri , le Moine , Desmarets.

Llle répand ses faveurs les plus chèresf'ur nos romans , nos nouveaux opéra;

Lt son empire asscx long-temps durasu- le th éiUre, au barreau , dans les chaires,

Près delle étai t le Galimatias ,

Monstre bavard caressé dans ses bras,