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La pucelle d'Orléans : poème en 21 chants / par Voltaire
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210 I» A PUCEL LE.

Koramé jadis le docteur séraphique ,

Subtil, profond, énergique, angélique,Commentateur d'imagination,

Et créateur de la confusion,

Qui depuis peu lit Marie à la Caque.

Autour de lui voltigea t l'équivoque ,

La louche énigme , et les mauvais bons motsA. double sens , qui font l'esprit des sots ;

Xies préjugés, les méprises , les songes ,

Les contre-sens, les absurdes mensonges :Ainsi quon voi t aux murs d'un vieux logislies chats-huants et les chauves-souris.Quoi ouilen soit, ce damnablo édificeFut fabriqué par un tel artilice ,

Que tout mortel qui dans ces lieux viendraPerdra lesprit tant quil y restera.

A. peine Agnès, avec sa douce escorte,

3De ce palais avait touché la porte,

Que Bonifoux, ce grave confesseur,

Devint l'objet de sa fidèle ardeur ;

Elle le prend pour son cher roi de France .

O mon héros 1 è ma seule espérance 1Ee juste ciel vous rend à mes souhaits !

Ces fiers Bretons sont-ils par vous défaits?!Nauriez-vous point reçu quelque blessure?Ah î laissez-moi détacher votre armure.

Eors elle veut, d'un effort tendre et doux ,Oter le froc du père Bonifoux,

Et, dans ses bras bientôt abandonnée ,

Eœil enflammé , le cou vers lui tendu,Cherche un baiser qui soit pris et rendu.Charmante Agnès , que tu fus consternée ,Eorsque, cherchant un menton frais tondu ,Tu ne sentis qu'une barbe tannée,