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Tome I.
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282 Tit. III. Des Grands Mai$trê$,

ce ce Lieutenant, il n’avoit été fait que très-peu cie pourlujtes ; que lesGardes de la Forêt de Chizé étoient étrangers Sc choisis par le Lieutenant,qu’on ne connoiíToit ni leurs noms ni leur Pays > notamment Souesne ; & enleur absence , les Valets de ce Lieutenant , aullì inconnus , faisoient fonc-tions de Gardes , & exigeoient de l’argent d’un chacun , disant que c’étoitpour leur avoir des habits ; que Souesne faisoit faire des fagots dans les plusbeaux bois de la Forêt de Chizé, & les faisoit voiturer de nuit par des cha-rettes ; ausquels il lbuflfoit toutes libertez en la Forêt ; qu’en 1704, ce Gardeavoit trouvé les boeufs de Louis Bodin à l’entrée de la Forêt, avoit faitsemblant de les saisir, les avoit fait passer devant la porte de ce particu-lier , mais lui avoit rendu moyennant trente livres ; que quelque te ms aprèsil les avoit encore repris & les avoit menez à Chizé; Bodm alla les récla-mer , & lui remit le même jour moyennant une obligation de loixante-quinzelivres qu’il fit à Follet Procureur, proche parent du Lieutenant, pour cou-vrir la concussion ; que les Métayers de ce Lieutenant alloient nuit & jouren la Forêt prendre les bois dont ils avoient besoin pour enclore leurs bleds& jardins, Sc leur faisoient prendre tous les ans les plus beaux chênes de laForêt d’Aunay , fous prétexte de construire des pressoirs ; que le nomméTravert avoit déclaré à plusieurs personnes .qu'en 1 701 & j 702 , il avoitcoupé une petite sutaye appartenante au sieur Girardon , joignant la Forêt duRoi ; qu’on avoit pris de gros arbres en la Forêt de Sa Majesté , qui avoientété menez devant la porte dudit Girardon & mêlez avec ceux de fa petitesutaye Sc façonnez en bois d’ouvrage , y en ayant en fa maison Sc en deuxMétairies qu’il avoit joignant , pour dix à douze mille livres , prisés Forêtsd’Aunay & de Chizé , suivant Tordre qu’il endonnoit aux Gardes , Sc notam-ment à Souesne dont il fe servoit pour ces fortes réexpéditions ; que leditGirardon en mariant fa soeur au sieur des Taillées, Gentilhomme , s’étoitobligé par le contrat ou autre acte de lui fournir le gros & menu bois pourl’entretien de fes bâtimens Sc son chauffage , chargeant Souesne de lui fairecouper des chagnerasses , servant à faire des bûches Sc fagots; qu’au moisde Mai 1707 & Juin, Salomon Baladoit Chirurgien au Bourg de Chizé ,avoit envoyé son Valet avec sa Jument en la garde de Souesne , ramasserdu bois comme les autres Particuliers, y trouva quantité de fagots à deuxriortes, en prit douze qu’il mena chez son Maître , lequel fut à l'instanttrouver Souesne lui demander la confiscation des fagots, lui ayant dit queson V alet en avoit emmené une douzaine; Souesne en jurant le saint Nomde Dieu, avoit dit qu’il tueroit la Jument, les fagots étant pour la maisondu sieur des Taillées; que le sieur Girardon & PAbbé Cailletiere, freredu Maître particulier , avoient trouvé un Particulier de la Paroisse de SaintMandé qui ramassent quelques rasclages ou rames en la Forêt d’Aunay ,l’avoient menacé, Sc par accommodement leur avoit promis cent livres , Scen effet les avoit donné au Curé de Saint Mandé qui les porta chez lesieur Girardon ; qu’au mois d’Octobre 1704 , un Particulier du Bourg deChizé avoit trouvé le sieur Mesnon, Notaire de la Paroisse de Chatiere, quiétoit avec un Paysan quiportoit quatre boisseaux de froment; le Particulierdemanda au sieur Mesnon où il alloit avec cette voiture , il lui répondit,.qu’il alloit faire comme les autres années payer fa rente à ce voleur deGirardon;

mais