Pes Huissiers àudienciers, &c. 63 1
Extrait des Registres du Conseil díEtat.
S U r ce qui a été représenté au Roi en son Conseil par le sieur RojefProcureur de Sa Majesté en la Maítri'.e particulière de Poitiers , quePierre Ayraut, Jacques Brissonnet & Gabriel Gouíièlin, Gardes de la Forêtde Mouliere, étant le 12 Janvier 1708, fur les six heures après midi à Chaumedes Jolis , ils avoient vû une charette tirée par quatre bœufs chargée debrandes dans ladite Forêt; BriíTonnet & Gousselin étant montez fur leurschevaux avoient été au devant, ayant laissé Ayraut autre Garde qui étoità pied, avoient trouvé Jean Velle, Charpentier & Laboureur, & Girautson beau - frété auíïï Laboureur , qui conduisoient la charette chargée debrandes, leur avoient dit d’arrêter ces bœufs, qu’ils les faiíïssoient, voulantvoir s’il y avoit dessous les brandes du bois de chêne; n’avoient point vouluarrêter ; Brissonnet Sc Gousselin les avoient suivis, & ayant voulu faire détour-ner les bœufs pour les mener en dépôt au Village des Jolis, qui étoit fur lagauche de la masson de la Chevraiíliere où demeuroient Velle & Giraut ;
Velle jurant avoit crié à Giraut : touche les bœufs & frappe ces B ..
de Gardes , & Velle ayant à la main un bâton de sept à huit pieds de long,en avoit donné un coup fur la tête du cheval de Brissonnet, & deux coupsaudit Brissonnet fur la tête, dont il avoit deux playes à sang; Gousselin allantsecourir Brissonnet, Giraut lui avoit donné un coup de pierre à la tête, quilui avoit fait une playe dont il étoit coulé beaucoup de sang sur son habit &bandoulière de Garde ; Velle & Giraut n’étant pas éloignés de leurs maisons,avoient appellé leurs femmes , disans de leur apporter un fusil ; cet femmesétoient arrivées, & avec leurs maris avoient jetté plus de cent pierres, entou-rent les deux Gardes qui avoient appellé Ayraut leur camarade à leursecours ; cependant Velle , Giraut & leurs femmes fàifoient avancer la cha-rette ; Ayraut étant arrivé à pied , avoit trouvé Gousselin renversé parterrequi se plaignoit , & Brissonnet blessé; on tira un coup d’arme à feu sur lesGardes , qui venoit du côté de la maison, & se voyant en danger ils avoienttiré deux coups de pistolets. fans sçavoir où ils pourroient donner étant nuit ypour obliger la cohue à se retirer , & afin qu’ils pussent sauver leurs vies;avoient à l’instant dressé Procès-verbal de cette rébellion, & l’avoient misau Greffe de la Maîtrise; un Chirurgien Juré les ayant visitez, leur en avoitdélivré le 14. du même mois de Janvier 1708 ses rapports qui portoientqu’ilavoit trouvé à chacun desd.Brissonnet í: Gousselin une playe à latête;leMaître-particulier avoit le 16 Janvier 1708, répété les Gardes fur le Procès-verbal."par information à la requête duSupliant, lesquels y avoient persisté; avoit infor-mé par addition le même jour, & résultoit de l’information qu’un des Té-moins étant en la Forêt le 12 Janvier 1708 , avoit oui couper du bois ouautre chose , y étoit avancé, avoit reconnu Giraut & Velle , s’étoit misdans une ípée à trois heures après midy pour voir ce qu’ils feroient; maisPayant apperçu l’avoient appellé, n’avoit point voulu aller à eux , s’enétoitéloigné, & à soleil couchant même, après les avoir vûs qui eminenoient unecharette chargée de brandes attelée de quatre bœufs, ies avoit suivis & vilqu’ils alloient Aters leurs maisons qui étoit proche la Forêt; étoit arrivé deuxhommes à cheval qui venoient au-devant de la charette, qu’il reconnutetrc