D E L A N A T U R E. 2.8;
lâïr moi-même, je haïr ois bientôt le genrehumain.
Et toi’ ô amitié! charme des grandes âmes,toi qui feule justifierois à mes yeux la divinité,des malheurs du genre humain ; divine amitié!c’est en moi-méme que j’ofe t’aimer : fr j’aiquelquefois , dans le sein de Pylade, ressenti lavivacité de tes feux, c’est que je retrouvois dansson esprit la copie de mon esprit, & dans soncœur l’image de mon cœur ; j’admirois mesvertus dans les siennes, & je trouvois souventdans ses défauts le pardon des miens.
L’amour de Dieu lui-même n’est peut-étre
Principes.
qu’une modification de l’amour de foi : jamaisla belle ame de Fénélon ne me persuadera quema tendresse pour l’Etre suprême est indépen-dante de l’intérêt que j’ai d’être heureux (a) ;il n’appartient qu’au quiétiste de s’imaginerqu’il peut aimer Dieu , lorsqu’il gémit sousle poids éternel de ses vengeances. Si l’amour
(a) Voyezles maximes des saints ; ouvrage que Pimmortelauteur du Télémaque eut la faiblesse de faire Sc le couragede condamner.