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Tome premier.
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284
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Partie I

284 De la Philosophie

manière plus stricte encore que les brutes : ce 'phénomène, que la physique a reconnu dansles plantes sensitives, seroit peut-être- regardécomme universel à tout le règne végétal; si lesnaturalistes, accoutumés a netout voir qu’avecleurs yeux, vouloient voir quelquefois avecles yeux de la nature.

Au reste, la raison qui dirige dans l’hommscette bien veillance , ne la fait pas naître; cettefaculté est l’effet du sentiment, plutôt que dela philosophie ; & je suis persuadé que leGroënlandois & le Castre, s’aiment autant queLocke ou Montesquieu.

L’amour de soi est le ressort qui donne dujeu à nos facultés, c’est le mobile de toutesles vertus ; c’est un principe actif qui empêchel’homme de n’étre qu’un automate.

La bienfaisance, cette vertu née pourl’homme, & qui porte avec soi sa récompense;la bienfaisance, dis-je, est l’effet de cette bien-veillance naturelle pour nous-mêmes. En mecroyant digne de faire des actes de vertu , j’cndeviens plus vertueux ; & si je pouvois me