de la Nature. 339
» déchirât un ours , ou que f élan dévorât unj> autre élan ; l'animal le plus féroce refpectoit» son semblable, & lors même que le foin de fa» fuSìSítance lui faifoit quitter son repaire pour» attaquer d'autres animaux , il ne s’acharnoit» point fur une proie inutile , & fa fureur étoit
3î assouvie, dès que fa faim étoit calmée.»
II raifonnoit encore, quand une troupe d’hom-mes singulièrement vêtus, Rapprochèrent delui ; le sauvage philosophe hâta ía fuite, s’ima-ginantvoir de nouveaux alfadins.il ne fetrom-poit guère, c’étoient des alguazils , chargéspar l’état de veiller â la sûreté du peuple. Com-me ils étoient mal payés, il s’entendoient avecles aífaífins pour ne les poursuivre qu’après lecrime; le public & les brigands étoient égale-ment satisfaits; le voyageur seul étoit la victimede cet arrangement ; mais on le tuoit d’ordi-naire pour l’empêcher de fe plaindre.
Le prévôt de ces alguazils, qui vit de loin uncorps mort & un inconnu à ses pieds , fe doutade la vérité de f aventure; mais comme il avoitde f esprit, il n’en témoigna rien , & voulut fefaire auprès du sénat de Stockholm un mérite
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