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Tome troisieme.
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230 De la Philosophie

voler, il faut lui apprendre à marcher sans‘ faire de faux pas.

Les philosophes ne font marcher la syn-thèse , qu’avec un grand appareil d’axiomes ,de lemmes & de corollaires , plus faits pourétonner que pour convaincre ; on diroit qu’ilscherchent à décorer l’extérieur de la machine,pour cacher la fòibleflè de ses rtsiorts.

L’analyse moins orgueilleuse est bien plussûre dans sa marche : si elle exerce la pa-tience du philosophe , du moins elle la cou-ronne. Elle n’est pas , il est vrai, favorableaux systèmes ; mais elle n’en est que pluspropre à conduire à la vérité.

La logique a pour baie Tanalyfe ; cettescience , dans un sens, consiste à arriver d’unevérité connue à une inconnue , par le moyend’une proposition qui les enchaîne ; ainsi l’in-tervention des idées moyennes , forme lathforie du raisonnement ; les scholastiques quiont entrevu ce principe, en ont conclu quele syllogisme étoit essentiel à la logique , &que pour raisonner juste, il falloit raisonneren forme ; ce paradoxe a produit de petitesformules & de grandes querelles , de mauvaislivres , des erreurs & des thèses.