de la Nature. 235
II y auroit une méthode bien sûre pourobvier à la fois à tous ces inconvénients • ceseroit de créer une langue philosophique , quiauroit ses expressions particulières pour dé-signer des objets sensibles & des objets intel-lectuels , ses mots techniques & leurs défi-nitions ; mais peu, d’hommes de génie ose-roient composer cette langue , & si elle l’é-toit, trop peu de personnes seroient en étatde l’entendre.
C’est assez s’étendre fur ce que j’appelle laméchanique de la logique ; quand on s’esthabitué à revêtir chaque idée de termes pro-pres , qui font à l’ame , ce que les couleursfont au tableau qu’on veut tracer ; il ne resteplus que des précautions physiques à prendre ,pour n’être point troublé dans la recherchede la vérité ; ainsi il est utile d’e'viter toutesles sensations fortes, telles que le grand bruit,une. vive lumière , le plaisir ou la douleur ;il faudroit, pour ainsi dire, que l’ame fitdivorce avec le monde sensible, pour péné-trer plus librement dans le monde intellectuel.
L’édifice est construit, il ne s’agit plus quede préparer l'entendement à l’habiter.
L’Homme
SE U L.
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