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Tome troisieme.
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2.46 De la Philosophie

d’utilité quelles ont avec nous ; suivant cePartie II. principe , le Huron ne savoit sûrement pascombien la mer reçoit par année de cubesd’eau du fleuve Saint-Laurent ; il ne íavoitpas même que ce fleuve a une source & uneembouchure : que lui importoir une idée sicommune , puisqu’il ne voyageoit pas ?

Le bon sens suppose l’absence des passionsfortes, & comment notre sauvage pouvoit-ilsentir avec vivacité ? II desiroit peu & ne'desiroit pas long-temps , il ne connoistòitpas encore Paris, & il n’avoit jamais vu labelle Saint-Yves.

Tout sauvage a du bon sens , & dans lespays policés tout homme stupide en a aussi ;cette faculté se perfectionne chez les per-sonnes qui ont un bon esprit, & elle ne se perdque chez celles qui abusent de l'esprit.

Les ennemis des talents font ordinaire-ment enthousiastes du bon sens ; ils ne saventpas que cette faculté est 'commune à tous lesêtres intelligens , qu’elle ne^ontribue en rienau progrès de l’entendement humain , & queíe bon sens n’est un titre d’éloge que pourles hommes qui n’en méritent point.

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