DE L A N A TU R E. \VJ
un dieu que les autres avoient en horreur (a);mais c'est, avec la mort de Socrate,un exempleunique. Jamais les Chinois, les Perses, lesGrecs & les Romains ne firent servir le pré-texte de venger la Divinité , au malheur deshumains. Fohi ne persécuta point ceux de sessujets qui n’étoient pas fidèles au Tien ; Cyrtrsne révoqua point l'édit qu’il avoit donné enfaveur des Juifs; jamais les archontes d’A-thènes , ou les consuls de Rome , réordon-nèrent aux prêtres de Jupiter d’exterminer lesadorateurs d’Anubis & d’Astarté ; cependantil arriva quelquefois qu’un peuple subjuguéperdit son culte avec ses loix, mais la révolu-tion opérée dans la religion nationale n’en-traîna alors aucun désastre ; la multitude dutêtre peu affligée de la perte de ses dieux , quin’avoient pu la défendre : pour les philo-sophes , ils sentoient que les conquérans ne
(a) Immortale odium nunquám sanabile vulnus
Ardet adhuc Ombos & Tentbyra ; fumimis utriusqueIndè ftiror vutgo , quòd numina vicinorum
Odit uterque locus. ...
L’Ho M MEavecDiev*
Juvénal, satir, 15.