Partie III.
148 De la Philosophie
donner ma raison : mais puisque cette raisonme trompe , moi philosophe , j'ai des motif»encore plus puifíans de croire qu’elle trom-pera le sophiste sacré qui ne me parle que lalangue de la thédiogie.
L’idée seule de disputer avec le missionnairequi veut me convertir, me donne les plus vio-lens préjugés contre fa doctrine. Les hommesne disputent que sur les matières évidemmentobscures. On ne s’est jamais avisé de soutenirle pour & le contre dans des questions de ma-thématiques : or le scepticisme d’un philoso-phe sur ce qui n'est pas démontré par faraison, vaut encore mieux que la foi desprêtres.
Les théologiens qui font métier de conver-tir , se défient si fort de leur éloquence en cegenre, qu’ils ont toujours foin d’attendrequ’un philosophe lutte contre les approchesdouloureuses de la mort, pour le ramener a lafoi. Le jésuite Routh ne s’avisa pas de conver-tir Montesquieu quand il écrivoit les lettrespersannes, mais quand il vit ce grand hommeabandonné des médecins : la foi du jésuite