Partie III.
164 Dé ia Philosophie
le don de persuader. Le dogme qui m’a paraabsurde lorsque j’étois libre , ne deviendrapas raisonnable à mes yeux quand je serai surun bûcher.
Je suppose qu’à force de violences on réus-sisse à faire de moi un prosélyte ; alors si monancienne croyance étoit pure, je deviens unapostat; si mon culte étoit absurde, je deviensun mauvais chrétien.
U n fanatique doit être encore plus mécontent,fi je m’obstine en mourant à suivre l’impulsionde mes lumières ; car si mon adversaire estchrétien, il me rend à jamais la victime de sonDieu irrité ; si c’est moi qui fuis chrétien, ils’exposeau reproche éternel d’avoirfait coulerle sang d’un martyr.
Après avoir prouvé qu’un fanatique est unhomme absurde, il est bon de démontrer qu’ilest le fléau du genre humain.
Le fanatisme éteint dans les âmes tous lesíentimens de l’humanité; il apprend à êtreimpitoyable, bien mieux que les combats desgladiateurs & les repas des anthropophages.
Commcn,t l’homme de bien obscur se défen-