ii 6 De la Philosophie
Partie III.
dura pas : l’excès du mal en amena le remède.La nouvelle Angleterre , qui fut le théâtre decette horrible tragédie jeta les yeux fur l’heu-reusc légiílation de Philadelphie ; elle rougit
» peu de jours après , seíre personnes subissent le même» sort, avec un jurisconsulte qui, refusant de plaider con-„ tr’elles, est dès lors convaincu d’ètre leur complice. Ces,, horribles & lugubres scènes embrasent l’imagination de» la multitude. La foibtesse de l’âge , les infirmités de U» vieillesse > l’honneur du sexe, la dignité des places , 1,„ fortune , la vertu , rien ne met à couvert d’un soupçon» odieux dans l’esprit d’un peuple obsédé par les fantômes* de la superstition. On immole des enfans de dix ans ;» on dépouille de jeunes filles; on cherche fur tout leur» corps, avec une impudente curiosité, des marques de sor-ti cellerie ; on prend des taches scorbutiques que l’âge im-„ prime à la peau des vieillards , pour des empreintes du„ pouvoir infernal. Le fanatisme, la méchanceté , la ven-» geance , choisissent à leur gré leurs victimes. Au défautn de témoins, on emploie les tortures j & les bourreauxn dictent eux-mêmes les aveux qu’ils veulent obtenir. Sin les magistrats se refusent à continuer ces horribles éxé-,, cutions , ils font accusés des forfaits imaginaires qu’ilsn cessent de punir ; les ministres de la religion leur susei-» tent des délateurs qui leur font payer de leur tête les» remords tardifs que leur arrache l'humanité. Les spec-n tres , les visions , multiplient ces prodiges de folie &
« d’horreur : les prisons se remplissent ; les gibets restentn toujours dressés; tous les citoyens font plongés dans une