ET CRITIQUE. iij
écluses, etc. etc. on ne peut leur disputer la gloire d’a-voir exécuté avec succès les ouvrages les plus considé-rables et les plus difficiles qui aient été entrepris parles hommes relativement au mouvement des eaux. Uest pourtant certainqu’ils n’avoient sur chaque objetque des connoissances de pratique, et que leur théo-rie étoit très bornée. Elle prit naissance lorsque Gali-lée découvrit les loix de la chute des graves. Ce grandhomme en fit l’application au mouvement des eauxdans le lit des fleuves. Ce fluide ayant une mobilitésingulière, il crut pouvoir le considérer d’une ma-niéré abstraite, et comme opposant très peu d’obsta-cles à l’exactitude des résultats que les principes ma-thématiques promettoient.
On proposoit d’abréger le cours du fleuve Bisentio,et de détruire les sinuosités de son lit pour rendre sesinondations moins fréquentes et ses ravages moinsconsidérables. Galilée s’opposa à ce projet^ et il sou-tint, i°. que, dans deux canaux de même pente, lavitesse de l’eau étoit la même, quelle que fût l’inéga-lité de la longueur des canaux; 2 °. que ce n’est pas lapente du fond du lit qui réglé le mouvement des eaux,mais bien celle de la surface ; 3°. que l’accélération ducours des eaux au temps des crues n’est pas produitepar l’augmentation de la pente, et qu’elle doit êtreattribuée à l’abondance et à la pression des eaux af-fluentes; 4°. que les sinuosités des fleuves, lorsqu’ellesne .forment pas des angles aigus ou droits, n’occa-sionnent qu’un retardement insensible, ou même nul,
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