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égalescette corrosion est d’autant plus prompte, que le fond et lesbords ont moins de consistance -, d’où il suit que les rivières ontd’autant moins de stabilité, qu’elles coulent sur des matières quiont moinsjde ténacité. Cette conséquence est complètement justifiéepar les phénomènes ; mais elle est entièrement contraire aux prin-cipes que Guglielmini avoit établis. Selon cet. auteur, les rivièressont indomtables lorsqu’elles coulent sur un terrain graveleux ; etelles sont infiniment plus aisées à gouverner lorsqu’elles sont éta-blies sur un fond de sable. On peut remarquer, relativement à cetteassertion, qu’il y a très peu de rivières qui coulent sur du sable, sice n’est lorsqu’elles approchent de leur embouchure: mais si, danscet état, elles sont plus susceptibles de conserver leur stabilité dansquelques parties de leur cours, c’est parceque les crues n’y sont passubites; car à leur embouchure même, où l’action des vents et l’a-gitation de la mer forment des obstacles qui donnent naissance à deschûtes, les changements de lit sont singulièrement fréquents. Il n’ya point de crue ou de tempête qui ne produisent la formation dequelque nouveau lit.
335. En général, lorsque le fond d’une riviere est couvert decailloux, on peut compter que cette riviere ne s’approfondit plus ; etplus ces matières seront multipliées, moins elle aura de profondeur.Quoique le fond soit alors dans un état peu propre à être corrodé ,la riviere pourra avoir pourtant peu de stabilité: mais cet effet nevient point, comme le pensoit Guglielmini, de ce que cette rivierecharie beaucoup de cailloux, mais bien de ce qu’elle a alors plus defacilité pour corroder les bords que le fond. Or la stabilité d’une ri-viere dépend à la fois de celle du fond et de celle des bords.
Les bords de la Durance sont formés, dans la plupart des plainesqu’elle traverse, du sable que les eaux pluviales ont amené descollines voisines , ou même des dépôts limonneux que cette rivièrea formés antérieurement. Lorsque ses eaux viennent frapper contreces bords foibles, elles les détruisent rapidement. Aussi il est cons-tant que cette riviere n’a jamais un lit plus large que lorsqu’elle
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