D'HYDRAULIQUE. 277
diriger les rivières en ligne droite, parceque leur vitesse étant plusgrande, elle contribueroit à étendre sur un plus long espace laquantité de cailloux qui pourroit entrer,dans leur lit lors de chaquecrue, et de cette maniéré le fond de ce lit s’éleveroit en moins detemps.
Si, au lieu d’imaginer que les bords conservent leur stabilitéon suppose que, lors de chaque crue, ils soient dégradés dans ungrand nombre d’endroits,, il est évident que leur décompositionoccasionnera l’entrée de nouveaux cailloux dans la riviere qui enéleveront le fond. Or cet inconvénient seroit prévu, ou serait moinsgrand en dirigeant la riviere en ligne droite, parceque ses bordsseraient moins exposés à être corrodés, et parcequ’ils ne le seraientque sur une moindre étendue.
SSq. Nous avons indiqué (§ 3i 5) les circonstances sans les-quelles les eaux des rivières ne sauraient déplacer ni charier descailloux. On a vu comment leur action s’affoiblissoit toujours darvantage à mesure qu’elles parvenoient à des points plus éloignés deceux où elles étoient entrées dans le lit de ces rivières, et qu’elleétoit entièrement détruite à des distances d’autànt plus considé-rables de l’embouchure, que le développement du lit étoit pluslong. Ainsi il est clair que , si une riviere telle que AB (figure $7 ) f
viere au-dessus et au-dessous d’uncoude, il ne seroit pas difficile de tra-cer la forme que devraient avoir lesbords pour que les eaux, après une ,deux, etc. bricoles , suivissent la se-conde direction: mais 1 eau n est pasun fluide élastique. Ainsi tout ce queM. de Buat a écrit sur la forme qu’ondoit donner aux coudes selon le nom-bre des bricoles, est fondé sur une hy-pothèse qu’on ne peut pas admettre.
La troisième condition de stabili-té est très exacte. On sent, en effet,que, pour qu’elle ait lieu, il faut que
l’angle d’incidence soit d’autant pluspetit, que la ténacité du terrain estplus foible.
Quand même le creusement qui alieu au coude seroit produit par lacause qu’indique M. de Buat, l’aug-mentation de pente qui existe vers cepoint rendrait la vitesse des eaux plusgrande, et par conséquent leur choccontre le coude plus considérable.Cette augmentation de pente seroitdonc plutôt une cause de la destruc-tion du bord qu’une condition de st&~bilité.