OBJET ET PLAN DU MUSÉE.
-Nous devons en partie l’essor qu’ont pris les sciences naturelles, parliculièrement la minéralogie et la chimie, au zèle que les naturalistes de nosjours ont mis à recueillir les minéraux dans tous les pays, pour les soumettreà 1 analyse, et les placer sous les yeux du public savant. A cette epoque, onsentit que 1 etude du règne minéral ne pouvait être fructueuse qu’autant qu onpouvait avoir les objets sous les yeux, ce règne offrant, plus que tout autre,un nombre infini de variétés, de modifications, et surtout de mélanges aussidifficiles à définir qu’à rendre par le pinceau. Mais les collections anciennes neprésentaient aucune ressource à cet égard : les cabinets particuliers n étaientpour la plupart qu’un rassemblement fait au hasard , plutôt pour satisfaire lacuriosité que pour l’utilité des sciences ; et les collections publiques étaientloin de posséder ces suites importantes d’espèces et de variétés, sans lesquellesla science reste dans le vague, et l’étude se trouve arretee à chaque pas.
Celte époque devait donc apporter un changement dans l’ordonnance descollections d’histoire naturelle ; aussi, de ce moment, op vit s’introduire dansleur formation cet esprit de méthode, dont l’influence avait été reconnue siavantageuse aux progrès des sciences; on vit en France la Collection de 1 admi-nistration des mines se compléter rapidement en produits du sol français , parles envois des naturalistes et des ingénieurs attachés à cet établissement. Il eutété à desirer que toutes les collections publiques eussent pu s’enrichir égale-ment des produits étrangers ou nouvellement découverts ; mais ces produitsne peuvent arriver par les mêmes moyens que ceux du sol français , aussibeaucoup de cadres sont-ils restés vides, et ces collections, en général, nesont pas au niveau des connaissances du temps.
Frappé de ces défauts d’ensemble, lorsque je commençai ce Musee, toutesmes pensées tendirent à lui donner une composition qui le rendît utile etintéressant. Je résolus, en conséquence, de lui faire embrasser généralementtout ce qui compose le règne minéral ; et pour ne pas m’écarter de cet objetde le restreindre à ce seul règne, je résolus d’y placer les pierres façonnéeset employées par les arts, à côté des pierres à l’état brut telles que la nature