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Tome premier.
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IO

DU RESSORT

subtile de l’air: car de meine que la pefanteur de l’air groffier , de l’eau 3 ,8c de tous les autres corps fluides a cela de propre , qu’elle prelle ega-lement de tous cotez les corps qui y fönt plongez ; en forte que l’airpoufle par fa pefanteur n’a pas plus de difficilste ä entrer dans utvsouf-flet par dessous , que par deflus, quand on l’ouvre ; 8c que l’eau au-roit auffi bien k force d’enfoncer uti colfre plonge au fond de la merqui dost & d’entrer dans fa cavite par le delfous , que par le deflus y la partiekscor' 1 " s fictile de l’air preise auffi par fa pefanteur avec une teile egalste touscules' FU " les corpufcules dont les corps fönt compofez, que deux corpufculesqui etant exactement polis fönt difficiles ä separer, resistent egalementa cette feparation, de quelque sens qu’on les tire.

Mais, dira-t-on , comme l’eau represcnte afses bien cette partiesubtile de l’air, que l’on suppofe comme eile etre fluide , pesante , 8cincompreffible, eile devroit faire für les corps qu’elle environne leseffets que l’on attribue ä cette partie subtile de l’air, ce qui ne fe trou-ve point : car l’eau au-lieu d’endurcir les corps qui y fönt plongez,,en pouflant par fa pefanteur les particules dont ils fönt compofez, eileles separe au contraire & eile les,- dissoud , fa pefanteur la faifant feule-ment entrer dans les intervalles des particules des corps qu’elle prelle& qu’elle environne , 8c qu’elle ne poufle point les uns contre les au-tres.

' Pour repondre ä cette objection, il saut considerer que l’eau ne dif-foud que les corps , dont les parties fönt mal jointes & ne touchentpas avec un afses grand nombre de faces plates , pour empecher queleur pefanteur ne furmonte celle de l’eau , qui est toüjours moins pe-sante que les corps plongez qu’elle environne: car il est constant, quequand les faces plates fönt en nombre süffisant, l’eau bien loin de se-parer les parties des corps, a vi Ubiern ent le pouvoir de les ferrer 8c deresister ä leur feparation. On cn peut faire aifement l’experience , 8evoir combien il est difficile de separer deux corps, dont les furfacesfönt plates Lc tres polies, lorfqu’ils fönt plongez bien avant dans l’eau,8c comment dans l’air, qui n’est pas si pefant, ils fe separent avecbeaucoup moins de peine.

Car quoiqu’on ne voye ordinairement cet effiet de la compreffion dePeau, que für des corps qui fönt grands, 8c que l’on a polis avec beau-coup de foin, il n’y a rien qui doive empecher de croire que la memechose ne fe püt faire dans des corps plus petits, s’ils avoient des facespolies ä proportion de leur petitefle : Lc il saut fupposer que cela ferencontrc ainsi dans les corpufcules des corps que la nature cndurcit,,ainsi qu’il fera explique dans la fuite.

Il est donc vrai , que de meme que la pefanteur de l’eau s’oppofe äla feparation de deux corps pavfaitement polis , parce que cette fepa-ration ne fqauroit fe faire qu’en repouslant l'eau 8c forqant la resistan-

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