II
ET DE LA DURET E' DES CORPS.
ce qu’elle y apporte par sa pesanteur , on peut dire avec raison, que ladifficulte qu’il y a de separer deux corpuscules , quand iis font jointspar des faces tres plates, n’a point d’autre raison que la neceffite qu’ily a d’elever & de repousser la masse de la paitie subtile de 1 ’air qui en-vironne ces corpuscules.
Neanmoins , pour bien comprendre cette raison , il faut entendre,que cette difficulte vient de ce que les corpuscules, qui composent laparti e subtile de 1 ’air , ne sont pas encore asses fubtils & deliez pourentrer entre les deux corpuscules polis; 8 c qu’afin de les eloigner as-ses 1 ’un de 1 ’autre pour laisser passer ces corpuscules de 1 ’air, il fautforcer la pesanteur de toute la masse de 1 ’air qui s’oppose a cet eloi-gnement, & 1 ’elever du moins jusqu’ä 1 ’epaisseur qui egale la grosseurdes corpuscules de 1’air. Car si Ton se represente que les corpusculespolis font A & B, Se que les corpuicules dont 1’air subtil est compose Voyezsont C &D$ il est evident, que pour separer les corpuscules A Bl’un **'de 1 ’autre , il y a un temps auquel il les faut eloigner-, sans que les* 1 »' 1 *corpuscules de 1’air C D puissent entrer entre deux > & que pour leseloigner comme le corpuscule E l’est du corpuscule F, il faut ecartertout 1 ’air dont iis sont pressez, de Ia valeur de toute la distance qui estentre le corpuscule E & le corpuscule F; c’est-a-dire , de ce qui de-vroit remplir 1 ’espace qui est entre deux , qu’il faut supposer vuide descorpuscules qui font la partie subtile de 1 ’air , & feulement rem pii de•ceux dont la substance etheree est composee. Ce qui est si vrai, que ce qne1 ’experience fait voir, que la difficulte de cette separation est propor- l’°n stalttionnee a la grandeur de la superficie des corps qui fe touchent imme-diatement, parce que plus eile est grande , & plus il faut ecarter d’air si e re faiten les separant. On en peut faire 1’experience dans fair , fur des corps fui- lesd’une grandeur considerable, ou il faut concevoir que les particules de c 01 T s »la partie größere de Fair font a 1’egard de ces corps, ce que les parti-cules de la partie subtile de 1 ’air font ä 1 ’egard des corpuscules dont lescorps font composez. Par exemple, les corps qui se peuvent toucherpar des superficies fort grandes, comme N O, ecartent une grandequantite d’air , fqavoir celle qui devroit etre dans l’efpace I K , qui■est entre deux: mais les petits corps, comme L M, n’ecartent que la Voyezquantite qui devroit etre dans le petit efpace P Q_, qui est entre deux.p io . ^ •C’est ce qui fait que la pointe d’une eguille , quoiqu’elle touche im- °mediatement ä un plan, n’y demeure pourtant pas-attachee 5 par-ce qu’elle n’y touche qu’en un endroit si petit qu’il n’y a pas as-ses d’air ä repousser, & dont la pesanteur foit capable de resisterä celle de toute 1’eguille qui l’emporte. Mais la resistance de cet-te meme petite portion d’air est asses considerable dans un grainde farine ou de poussiere , a proportion de fa pesanteur , pour latenir attachee au menae plan , & pour empecher que sa pesanteur ne1 ’entraine.
B ja f ai