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Tome premier.
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DU RESSORT

Commentle soleil

terre ?

Commentle feu en-durcit labrique J

unes aux autres aussi-tot que les corpuscules comtnuns fönt fortis:mais cela n’arrive pas aux parties des autres corps, lefquelles quoiquedestituees des corpuscules communs quand le froid furvient, ne' laif-scnt pas d’avoir encore quelque mobilste a cause des parties volatilespropres, dont il leur reite afses pour rendre tout le corps compreffi-ble, en facilitant le mouvement de toutes les parties , lefquelles etantpoussees les unes contre les autres passent aifement les unes entre lesautres pour occuper le moins de place qu’il leur est poffible : car ce-la fait diminuer leur volume , comme il arrive ä un boisseau plein defable, qui s’abbaiffe quand on le secoue. Or la meine chofe ne peutpas arriver aux parties de l’eau , lorfqu’etant destituees des corpulcu-les communs elles n’ont plus rien qui les fasse glisset-: car d’abord cel-les de la furface , oü l’evaporation des corpuscules communs fe faitpremierement, s’attachent enfemble , & fönt comme une vome ine-branlable par l’incapacite que ces parties ont a glifler les unes contreles autres: enfuite les autres parties , ä mefure que les corpusculescommuns qu’elles ont s’evaporent , s’approchent de celles qui föntdejä unies , 6c ainsi laislent en jplusieurs endroits des efpaces vuides,la furface externe demeurant toujours en un meme etat. (fette ma-niere de laisser joindre ainsi les parties par le froid est tellement par-ticuliere ä l’eau , que tout corps qui fe glace ne le fait qu’entant qu’ila des parties aqueufes melees avec les siennes propres, les huiles 6cles efprits qui en fönt exempts ne fe congelant point. C’est donc parcette incompreffibilite de l’eau & par la comprestibilite des autrescorps que les vaisseaux remplis d’eau le rompent par la gelee.

Le soleil endurcit la terre ä-peu-pres de cette meme maniere, lorf-que par l’evaporation il en fait lortir les corpuscules fluides de l’eau,dont eile etoit abbreuvee. Et il saut considerer que les parties dei’eau melees ä la terre fönt le meme esset ä fön egard , que les cor-puscules communs fönt ä l’egard de l’eau, ibit pour la rendre fluidepar leur prefence , seit pour faire qu’elle s’endurcisie par leur exclu-sion. Et il n’est pas difficile de comprendre , que , si la terre , quin’a aucune consistance lorsqu’elle est en pouffiere , se forme en unemasie molle apres qu’elle a ete abbreuvee de l’eau , parce que les par-ticules de la terre , qu’elle a rendues mobiles 6c faciles ä s’appliquerles unes aux autres par leurs faces plates, y fönt poussees par la com-preflion externe , cette meme compreffion les unisse encore plus inti-mement, lorfque l’eau qui etoit interpofee en a ete tiree par l’eva-poration.

L’endureissement de la terre enite fe fait encore de la meme manie-re , par l’introduction des particules que le feu fait entrer entre lessiices plates , lefquelles de meme que celles de l’eau s’exhalent quandla terre cuite fe refroidit. Or ces particules poussees par le feu ren-dent par leur agitation & par leur subtilste quelques uns des corpufcu-

les