ET DE LA DURETE' DES CORPS. 29
fointes moins exaclcmcnt, St les separant reduire la larme en pous-siere.
L’experience que Pon a faite, que les larmes apres avoir ete echauf-fees ne se resolvent plus en poudre, quand on en rompt la pointe,fait connoitre qu’il y a beaucoup d’apparence que ce tont les partiesfluides, retenues St enfermees au milieu de la larme qui font 1’effetdont il s’agit ; St que la chaleur en ouvrant les pores du verre , Stdonnant lieu aux parties fluides de s’exhaler , il ne se trouve plus riendans la larme , lorsqu’on en rompt la pointe , qi!i soit capable de lareduire fi soudainement en poudre. La mime chose arrive, loriquel’on use le ventre de la larme sur la roue d’un Lapidaire : car on lapeut user jusqu’au centre , sans qu’elle se calle , parce que la diminu-tion insensible , qui arrive a la larme par le frottement de la roue,ouvrant peu-a-peu les pores qui font au dedans, donne moyen auxparties fluides ramassees en cet endroit de s’exhaler insensiblemenr,St sans faire cet effort qu’elles font capables de faire quand elles agif-sent loudainement Sc toutes ensemble , Sc qu’elles font pouflees par1’air que sa pesanteur fait entrer avec impetuosile.
On a souvent fait une experience, laquelle quoique destinee a uneautre fin ne. laifle pas de donner quelque eclairciflement fur les cautesde la prompte dissolution des larmes de verre , que j’explique suivantles hypotheses de mon Systeme de la Durete. L’experience est deVoir , quelle force un recipient de verre double de figure quarreepourroit avoir pour resister a la compreflion de 1’air; pour cela on l’ap-plique ä la machine du vuide , dans laquelle on te fert ordinairementd’un recipient de figure fpherique , afin que comme une voute ilsoit capable de soutenir le grand fais de 1’air ; or il arrive qu’apres a-voir vuide tout 1’air groffier , le recipient fe casse d’une maniere tout-a-fait extraordinaire : ear dans un instant il est reduit en poustiere , a>-peu-pres de la meme maniere que font les larmes de verre ; cela faitque je considere la patrie subtile de 1’air qui remplifloit ce recipient,comme ayant rappovt avec les particules fluides que je fuppofe etreramafiees au milieu de la larme de verre Qtie le coup de 1’air grös-ster retenu dehors, Sc qui dans Pinstant que le verre s’est casse est ver-nu poufier cette partie subtile de 1’air , repond a 1’effort que 1’air dontk larme est environnee produit, lorfqu’il entre avec prompticude ati:dedans, & qu’il trappe avec violence 1’amas des particules fluides quiy font ; Et qu’enfin la partie subtile de 1’air , qui empliflbit-le reci-pient , Sc qui est poussee soudainement par la partie größere qui re-'tourne prendre fa place , a eu la meme force de penetrer ics interval-les des corpufcules dont le verre du recipient etoit compoie , & de lebesondre en poussiere , qu’elle a lorfqu’elle entre dans la, larme rom-Pue, ou eile fait le meme esset, en pouflant avec promptitude lesparties fluides qui y font enfermees.
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