88 DE LA CIRCULATIÖN DE LA SEVE '
4etix for- q ue ce f uc etant indisseremment propre ä la nourriture de toutes lesd^iits 6 COn " ^ antes , il est derermine a entretenir 8c a faire croitre chaque Piantela distribu- P ar constitution particuliere des conduits qui sont dans la Piante,
tiondela Or fuppofe que ces conduits ayent une certaine figure , ou teile autrenourritu- disposition que Ton voudra , a qui il faille attribuer toutes les actionsde la Vegetation , ön peilt concevoir qu’il arrive trois choses. Laprendere est , que ces conduits n’admettent que les sues qui sont enquelque facon propres a la nourriture de la Piante. La seconde, queces sues regoivent une impreffion conforme a la nature particuliere desconduits , laquelle acheve de leur donner ce qui leur manque pouretre tout-ä-fait propres a nourrir la Piante. La troisieme est, queles conduits en agislant fur les sues qu’ils contiennent soufFrent aufllquelque alteration, qui leur siit insensiblement perdre leur dispositionnaturelle : de meine qu’une filiere perd enfin son exacte rondeur a for-ce d’agir für les fils quarrez qu’on y fait passer pour les arondir. Etcela peut. faire comprendre pourquoi les seid lies des Arbres tombenten automne , si Ton considere que les figures ou les autres disposi-tioris des conduits, par-oü passe la nourriture des Arbres, sont commeeffacees für la fin de l’ete par la longue action de la Vegetation desPlantes , & que ces conduits ont besinn du repos de l’hiver pour leurdonner le moyen de sie retablir par la force du Ressort, ainsi qu’onvoid un oreiller de plume enfonce & applati par une longue preffionrevenir a sa premiere ensture , quand on a ete quelque temps sitns lepresser : de maniere qu’il sirut concevoir , que ce repos donne moyenaux conduits de pouvoir recommencer au printemps ä agir plus effica-cement iur les so es, & les mettre en etat de produire de nouvellesfeuilles. Suivant cette meine hypotheso il saut austi concevoir, queles Plantes, qui gardent leurs feuilles en hiver , ont leurs pores troppeu flexibles pour souffrir que leur figure soit changee & alteree parle paffiige des so es qui leur fervent de nourriture; & en esset il so trou-ve que toutes les Plantes , qui ne so depouillent point fhiver , sontbeaucoup plus dures & plus fermes que les autres.
Gar cela etant fuppole , il est also de comprendre , que dans le Su-reau & dans les autres Arbres, dont il s’agit, les conduits , par lef-, quels la nourriture monte , & ceux par lefquels eile defeend , etantpeu differens les uns des autres, le fuc de la terre propre ä nourrir estentre plus facilement dans les conduits descendans des branches , quietoient devenus montans, ayant ete renverlees, qu’ils n’auroient fait,si g’avoit ete un autre Ärbre , ou les conduits defcgndans sont fortdislemblables des conduits montans, & par consequent incapables dereeevoir le fuc nourriffier. II est encore also de concevoir , que lefuc nourriffier de la terre s’etant fermente dans les conduits defeen-dans, par le melange de l’humeur erue & acide qu’il y a trouvee , aaquis par la raresiictson la nature 8c les qualitez , qui rendent le sitc
nour-