DES PLANTES; m 3
C’est ainsi que k plüpart des fruits, que l’on garde ristver, s’adou-cissent & perdent la verdeur, l’äprete , & la durete sauvage qu’ils ontfür l’Arbre : car non feulement le commerce , que le fruit peut avoiravec l’Arbre , n’est pas necessaire ä cette maturite , ainsi qu’il paroit,puilqu’elle leur arrive en etant feparez j mais il y a memc apparenceque cette communication y, nuit; par la raison que l’Arbre fournislanttoüjours de nouveau suc au fruit, ce suc , qui est cuit & düementprepare pour la nourriture , eil effcctivement c v ud a l’egard de la ma-turation, qui lui ajoute une nouvelle preparation par le melange deäparties utiles les unes avec les autres, & par l’evacuation que la tranf-piration fait des inutiles , qui fönt des moyens de donner au suc quimeurit une douceur, qu’il n’avoit pas quand il est monte de la ra-cine.
Cette reflexion" für la maturation des fruits feparez.de l’Arbre m’aautrefois donne lieu de penfer ä une nouvelle maniere de faire les de-coctions des Plantes , que j’ai enfuite reconnu par experience n’etrepas de peu d’impoi tance, quoiqu’elie ne consiste qu’en peu de chose ;car eile fait que les fucs, qui fortent de la Plante & passent dans l’eau,oii elles bouillent, fönt cuits & preparez d’une maniere plus parfütequ’ils ne fönt par la maniere ordinaire de faire les decoctions , ou ilfe trouve toüjours qu’une bonne partie des fucs extraits par l’elixationdemeure necesiairement crue , & teile qu’elle etoit dans la Plante,sqavoir , la partie extraite , qui est la derniere , & qui n’a pas eu letemps d’etre parfaitement ernte par l’elixation ; parce qu’il est certainque taut que les Plantes demeurent dans l’eau bouillante, il en forttoüjours quelque chofe. Or pour remedier a cet incon venient, il n’ya qu’ä oter la Plante-de dedäns l’eau lorfqu’elle y a laisse fortir afsesde suc , & continuer ä faire bouillir la decoction seule , afin de fairecuire la partie du suc , qui ayant ete extraite la derniere est encorccrue : car c’est cette partie crue qui rend les decoctions fades, pefan-tes ä l’estomac , & fujettes ä engendrer des vents ; de meine que lesuc nourriffier qui est dans les fruits d’hiver , dans le temps qu’on lescueuille, est ce qui les rend defagreables au gout & nuisibles & l’esto-mac ; & la maturite qu’ils reqoivenr enfuite leur arrive , parce quel’on empeclie en les separant de l’Arbre , qu’il ne leur vienne toüjoursde nouveau suc , qui a befoin d’un long temps pour etre cuit- & p.er-fectionne.
Au-reste il ne saut point conclure , que la nourrsture ni les autresfonctibns de la faculte naturelle des Plantes sistent disserentes de ceilesdes Animaux, qu^nd meme quelques unes de* leurs parties les exerce-roienc etant leparees de la racine,. ainsi que Ton pre-tend qu’il se faitdans la grappe dont la queue. a ete tordue , puifque la meine chofe feremarque dans les parties des Animaux. Mous avons vü la rete d’uixTortue- un quart d’heure apres avoir ete feparee du corps faire claquer
ni qtte la :Vegeta-tion desAnininiitrfält diSfe-rente de 'ceile- des'-Flantes; .