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Tome premier.
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La distri-bution dela noiirri-ture dansles PJan-tes

11 2 DE LA CIRCULATION DE LA SE VE

de pierre separe en plusieurs pieces conferve tout fon er re dans chaquepiece, au-lieu que les parties des etres vivans n'exercent leurs fonctionsque par le lecours des autres parties , mais principalement de cellesque l’on appelle officiales j parce qu’elles ont comme la charge depourvoir aux autres, teile qu’dt la racine dans les Plantes, dont 1’offi-ce n’est pas de recevoir feulement & de prendre la nourriture , com?me la bouche fait dans les Animaux , (ainsi qu’il est dit dans la Re-marque ) mais de preparer les fucs & les vivifier de la meme maniereque le cceur le fait; c’est-ä-dire , en recevant non feulement les fucsqu’elle prend dans la terre , mais auffi ceux qui des extremitez de, laPiante retournent pour recevoir par la vertu de la racine les difposi-tions necessaires pour etre nourrisians & vivifians.

Car le principal office de la racine n’est pas de recevoir le fuc de Ia,terre> puifque cet office lui est commun avec toutes les autres partiesde la Piante qui boivent la pluye & la rosee , dont quelquefois tout lereste de la Piante fe nourrit, auffi-bien que des fucs que la racine fucede la terre ; Le que meme les extremitez de la racine, qui prenent lesfucs dans la terre,, n’ont point cette vertu officiale capable de les cuire& de les vivifier ä la maniere du coeur des Animaux. II est donc Ne-cessaire d’etablir en quelque endroit de la racine cette partie noble Lcimportante qui tient lieu de coeur a toute la Piante , & cette partieest apparemment 1’endroit par lequel le tronc de la Piante & la racinefe joignent : car on void que toutes les parties d’une Plante , qui onttoutes (ainsi qu’il a ete dit - une bouche pour recevoir la nourriture,& qui ont auffi , st l’on veut, toute la faculte vegetative , ne fqau-roient vegeter fans cette partie de la racine ; qu’il faut que les par-ties feparees des Plantes, qui prenent de bouture , fe forment une ra-cine avant que de pousser; & qu’enfin les parties memes de la racinefeparee de ce cceur , qui est proche du tronc , ne vegetent point ; st.ce n’est que cette racine foit de la nature de celles qui ont plusieursrieeuds, comme leChien-dent: car ces sortes de racines ont autant decceurs que de noeuds, & elles font comme autant de Plantes distinctes& feparables j les autres Plantes n’etant pas feparables de la memefaqon , par la feule raifon qu’elles n’ont pas plusieurs parties qui puif-fent faire les fonctions du coeur.

III. La troisieme Remarque est fur ce que j’etablis la flexibilite'qui se rencontre dans la plüpart des Plantes, avec Tagitation qu’ellesreqoivent des vents , comme la caufe de 1’impulsion & de la distribu-tion des fucs qu’elles contiennent. L’on pretend que cette raifon nedoit point etre alleguee , parce qu’il y a des Plantes , qui quoiqu’ellesne foient point stexibles, leur feve ne lai sie pas d’etre diltribuee parle moyen d’une faculte expultrice , qui pousse les restes de la nourri-ture vers la racine, & la nourriture düement preparee vers les partiesqui en doivent etre nourries.