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Tome premier.
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DES PLANTES, I2I

Tont encore vivantes, que de celles qui se sont corrompues fur la terre6c dans la terre , & des vapeurs d’une infinite d’Animaux , qui y vi-vent & qui y meurent inceffamment : en forte que de ces scis & deces foufres ramasiez de differens endroits, melez ensemble, & digerezpar un espace de temps , la chaleur du foleil 6c 1’agitation des ventscomposent, cuifent, & perfectionnent 1’eau des pluyes, que l’on fcaitqui n’estetre tout-a-fait differente de celle des puits, qui n’a que les fels mi- pomt dansrieraux de la terre j & qui ne la rend pas feconde quand eile en est puits, ”arrofee, comme celle des pluyes. *

Si la rosee est plus sulphuree que la pluye, on peut douter si le ni dans kfernste dont eile est chargee , qui tient plus du mineral que du vege- roste,tal, est auffi fecond que celui des pluyes : car pour les brouillards &les pluyes des equinoxes , il n’est point evident qu’ils scient d’autrenature que les autres pluyes.

On dit que la Girculation de 1 ’eau , qui s’eleve en vapeur & retom-be en pluye, peut avoir d'autres ukges que la Vegetation des Plan-tes. J’en demeure d’accord ; mais il n’y a point d’inconvenient qu’u-ne rneme chofe puiffe servir a plusieurs fins.

Quand on accorderoit auffi , que la Circulation du fang des Ani-maux ferviroit a d’autres ufages qu’ä celui de preparer & de perfe-ctionner la imitiere de la nourriture dans le coeur , tel qu’est celui deporter a toutes les parties un efprit vivifiant, cela ne changeroit pointle Systeme que j’etablis de la Circulation; puifqu’il est indifferent quece qui revient au coeur y reqoive le caractere d’esprit vital ou celui desuc nourriffier , pour faire qu’il scit toüjours vrai que la sin de la Cir-culation est de donner quelque perscction aux liqueurs circulees.

Il ne m’importe auffi qu’on dife si 1’on veut, que le fang arterielfert de vehicule a ce qu] a ete perfectionne dans le coeur pour le distri-buer aux parties , pourvü-qu’on demeure d’accord qu’il leur portetout ensemble & les efprits vivifians & la nourriture , qui sont peut-etre la meme chofe.

Si le fuc , qui fort du tronc de quelques Plantes coupees proche dela racine , est plus crud Lc plus aqueux , que celui qui fort de 1’extre-tnite des brauch es , cela peut arriver par des accidens particuliers,qui ne sont point de conscquence au Systeme general : par exemple,il sc peut faire que ces fortes de Plantes n’ont pas les conduits, quiportent les sues aqueux a la racine, garnis de valvules, qui empechentson retour en haut : ce qui fait que ce fuc aqueux s’amassant en plusgrande quanti te vers les parties inferieures a cause de fa pefanteur , ile n fort auffi en plus grande abondance quand on coupe la Piante versle bas.

55 L e s fels , qui sortent de la terre infeconde & inutile , etant ele-5sVez avec les vapeurs de 1’eau aquierent en 1’air par l’action du foleil

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