DES PLANTES. irs
„ II se fait proche de la racine des Plantes une Fermentation du fuc,,de la terre , par un fei fermentatis contenu dans cette racine ; 8c„8c cette Fermentation caufe une effer vefcence , qui dilate ce fuc , 8c3 , le forgant ä chercher une plus grande pkce pour fe loger, le fait33 entrer dans les pores de la racine.
On fait deux objections contre cette fupposition, que l’on dit etre VI fsans preuve. La premiere elf , que la Fermentation doit etre falte parla rencontre 8c par le mdlange de deux Fels contraires j 8c Ton foutient t ; oa y con .qu’il n’y a point d’autres Fels dans la racine des Plantes que dans le fuc tribue,de la terre ; mais on ne donne point de preuve de cette fupposition.
La preuve que j’ai que ces fels peuvent etre contraires est , que ce quiarrive ä l’introduction du fuc de la terre dans la racine d’une Planten’est point different de ce qui arrive ä l’introduction de ce meme fucdans la semence de la Plante, lorsqu’elle germe dans la terre, 8c qu’el-le y pousie la premiere racine. Or il n’y a point de raifon qui empe-che qu’une semence de Plante ne contienne un sei contraire ä celui dusuc de la terre ; 8c il n’y a rien qui repugne ä croire que la racine neconferve , tant que la Plante vit, ce caractere quelle tient de la fe-rnence , 8c la faculte d’engendrer ou d’amasser ce fei contraire ä celuidu suc de la terre. La seconde objection est , que suppose que cette-Fermentation causät une dilatation dans le fuc de la terre , il lui feroitplus facile de penetrer la terre , que de s’insinuer dans les racines.
Cela, ce me femble , n’est pas facile ä demontier , 8c les raifons dela facilite que des corps ont ä fe penetrer plütot les uns que les autres,toutes obscures qu’elles fönt , n’empechent point que ce ne foit unechofe tres evidente , qu’il y a des corps qui paroisient plus penetra-bles que d’autres , quoiqu’ils le foient beaucoup moins. Quand on ;Jette de l’eau-forte für des pieces de cuivre ou de fer melees avec despieces de cire , on jugeroit que la cire devroit boire tonte cette eau,
que les efprits vifs 8c penetrans qu’elle fait entrer dans le cuivredevroient plütot penetrer l’air 8c s’y exhaler , si l’experience ne faisoitconnoitre le contraire ; 8c cette experience est une demonstration süf-fisante pour faire concevoir que la Fermentation, qui fe fait du sucde la terre autour d’une racine , peut rendre les pores de cette racineplus penetrables ä ce fuc Fermente , que les pores de la terre qui l’en-kronnent. Joint que fe faifant (ainsi qu’il aetedit) une plus gran-de diffipation de la nourriture dans le haut de la Plante que dans lar acine , il est evident que suppose meme que le suc Fermente eut au-ta Qt de facilite ä penetrer la terre qu’ä paffer dans les pores de la Plan-te , il fera porte vers l’endroit oü la diffipation fe fait , 8c il y feraP°usie plus facilement que vers l’endroit oü il ne s’cn fait point. On^oid un exemple d’un pareil esset dans les ventoufes, dans lesquellesLlang pousse par les älteres ne sortiroit pas, si i’t’fpace vutde qui s’y
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